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    January 28

    Côte trompe Souris

    Merci Pierre Alain pour cette jolie plaque.

    Imaginez un bien gros chat, un fier matou aux fines moustaches, un chat dodu et gras, enfin, entrevoyez un des ces greffiers que la faim ne taraude pas.

    Le bougre est nanti de toute sa ruse, de tout son esprit de minet damné pour tromper la souris, trotte-menu, en cette côte de Trompe Souris.

    Le coquin a décidé, depuis ce matin, d’en savourer une, farcie au saumon. Eh oui, le chat, s’il est malin, n’a guère le palais fin. Disons plutôt qu’il n’a pas le nôtre, car après tout, avez-vous essayé de déguster une souris à la farce de poisson ?

    Mistigri a une truite fraîche, pêchée par son patron. Il la lui a volé et il se dit que comme salmonidé, elle vaudra bien son cousin le saumon, requis pour la recette initiale.

    Donc, Minet dépose, Côte de Trompe Souris, le poisson parfumé au camembert. Il le laisse négligemment traîner sur les pavés luisants pour appâter le mustélidé naïf et inconséquent.

    La souris voit cette denrée qui fleure bon une odeur fromagère à laquelle elle ne peut résister.

    Elle n’y résiste d’ailleurs pas et engloutit, sans respirer, le morceau, tant sa gourmandise est grande.

    De ce fait, elle hoquette, crie au secours, sans pouvoir se faire entendre car sa bouche est bouchée. Puis elle meurt sans faire plus de bruit.

    Le chat guettait cette fin et se délecte du festin. Il a eu, à bon compte et grâce à son adresse, une souris, toute farcie, comme il les apprécie.

    Il se dépêche car, délicat, il ne voudrait pas se provoquer une diarrhée ou autres incommodités en dégustant ce mets de roi, certes, mais vite avarié.

    Ne pleurez pas la souris, elle était bête. Faut-il l’être pour confondre ainsi, un camembert et un poisson !

    January 21

    Rue Isolée

    Cette rue est dite « isolé » car elle accueille ceux qui ont besoin de s’isoler un moment.

    Elle offre l’ombre de ses murs aux écorchés vifs par le couteau des mots malveillants.

    Elle propose ses porches gratuitement aux sans abris que la honte poursuit.

    La rue Isolée accorde retraite chaleureuse aux bannis, aux proscrits, aux boucs émissaires de la misère d’autrui.

    Elle donne asile à ceux qui espèrent une terre mère.

    Elle est le refuge de celui qu’on a meurtri, qu’on a déchiré.

    La rue isolée est un havre de paix pour qui est harcelé par l’existence et ses sujets.

    Rue Isolée, allez y, elle vous attend, ses pavés sont de velours, ses portes sont ouvertes sur la fraternité, ses fenêtres font des clins d’œil à la bienveillance, son ciel de rue est bleu espérance...

    Rue Isolée ? Mais ? Où l’ai-je rêvée ?

    January 17

    Allée du coq Hardi

    Allée du Coq Hardi grattait un coq justement. Était-il hardi ? Lui-même n’aurait su le dire car il n’en avait cure. Ce qui lui importait, à ce gallinacé qui jouait à l’important, c’était de trouver le vers de terre qui le rendrait intelligent.

    Notre bel emplumé avait entendu parler de ce fait étrange : Allée du Coq Hardi, vivait une communauté de lombrics, avait-il cru comprendre, dont l’ingestion et la digestion stimulait le cerveau de celui qui le mangeait.

    En mal de comprenette et pas trop équipé du cervelet, l’oiseau en souffrait, surtout devant les dames. Vous savez tous que les poules sont fines et rusées, malines et délurées. Promptes aux jeu de l’esprit, pas encombrées du tout par un cerveau d'insensé. Vous ne le saviez pas ? Et bien je vous le dit : c’est ainsi.

    Revenons, Allée du Coq Hardi, à notre coq en manque d’intelligence. Il cherchait, explorait, fouillait le moindre recoin de l’allée, ses touffes d’herbe, les interstices de ses pavés, les coins des caniveaux. Tout, sous ses ergots, se trouvait tourné, retourné, charrié, pour ne pas dire charivarier.

    Aucun lombric, devant tant de chahut ne sortit de trou et tous se lovèrent, bien au contraire, au tréfonds de la terre.

    Le pauvre coq jeûnait de puis longtemps et il se trouva qu’il mourut en plein tourment de famine.

    Peu de temps après, passa par l’Allée du Coq Hardi, une poulette jeunette. Elle considéra le cadavre et lui fit cette homélie : « Il était tellement bête qu’il creva la gueule ouverte. »

    January 12

    Rue du Bois d'Amour

    Rue du Bois d’Amour, y trouve t’on l’amour ? Et sous quelle forme ? Parce que l’amour a plusieurs aspects, le saviez-vous ?

    Examinons son expression première, à savoir l’amour de soi. L’amour de soi se manifeste par une admiration excessive de soi-même. L’individu asservi à l’amour de sa propre personne, parle de lui, se montre, se congratule. Le voilà qui part à la recherche un marchand de miroir afin de mirer, d’admirer l’objet de ses convoitises amoureuses. Puis il court manger des flageolets et s’enfle d’importance avec l’air qu’il produit lui-même par cette méthode. Connaissiez vos ce travers des êtres qui aiment d’amour tendre leur ego ? Et bien oui, je dévoile ce secret des Dieux, ils se provoquent des flatulences à l’aide d’oignons ou d'artichauts afin de ne pas manquer d’air par cette stratégie d’autarcie.

    Voyons maintenant une autre face de l’amour. Celle que l’on aimerait trouver Rue du Bois d’Amour : L’amour des autres. Comment s’exprime t-il ? Qu’elle est sa particularité ? Et bien c’est l’Autre justement, l’Autre est objet d ‘amour et il entre, comme une star, dans la ronde des sentiments de l’aimant.

    Celui qui aime est fier de lui car il se penche sur autrui, l’envisage, le considère. Enfin, il réussi ce tour de force de se détacher de lui-même pour prendre, en considération untel ou unetelle, ça dépend des sexes et des goûts, des couleurs itou.

    Donc, Rue du Bois d’Amour, Quidam rencontre Quidamette et les deux se félicitent de l’amour qu’ils portent à l’autre. Le voile de l’égoïsme qui empêchait leur générosité d’éclore est enfin tombé. Ils peuvent se consacrer à autrui, l’adorer, le bichonner le protéger, enfin tout ce qu’il faut faire de sacrifices pour qu’un amour soit amour, Rue du Bois d’Amour.

    Mais avant de s’engager ainsi, sur le chemin du renoncement à soi, il y a un exercice auquel chacun se livre. Il s’agit de faire connaissance avec l’objet de leur inclination. Pour se faire, il faut le regarder. Pour voir s’il est digne de confiance, il faut l’observer de près, de très près, yeux dans les yeux, pour tout dire. Et que voit-on dans le miroir des yeux de l’autre, quand on s’y penche un peu trop ? Que voit-on, sinon le reflet des son propre regard ? Alors, Rue du bois d’Amour, Amour de soi, Amour de l’autre mêlés, imbriqués comme jumeaux incestueux pourront-ils émerger de la gangue narcissique ?

    January 09

    Rue de l'Eau

     

    Merci Francis de cette plaque

    Rue de l’eau, j’ai contemplé tes yeux, tes yeux clair d’eau,

    Rue de l’eau, j’ai envié tes yeux si verts, si bleus, si clairs.

    Rue de l’eau, tes yeux reflétaient  quelle attente? La fin qui délivre ou bien l’espoir de vivre ?

    Rue de l’eau, dans le miroir de tes yeux, j’ai vu gaîté et fatigue, confiance et déception.

    Rue de l’eau, dans le miroir de tes yeux, j’ai vu chimères et désillusions, ironie et grande décence, songerie et réflexion.

    Rue de l’eau, l’eau de tes yeux si beaux est devenue flaque inerte.

    Rue de l’eau, en mars dernier, tes yeux clair d’eau se sont fermés.

     
    January 07

    Place de l'Ecu

    Place de l’Écu m’évoque cette légende ancienne, allemande, je crois.

    Till l’Espiègle arpentait, dans le froid de Noël, une rue où les marchands de bombance et bonne chère exhibaient les plats qu’ils cuisinaient.

    Till s’arrêta net devant l’étal d’un charcutier. L’homme cuisait, en broche, plusieurs pièces de viande qui embaumaient la ruelle. Notre jeune homme affamé se mit à flairer, à humer l’air avec délectation. Puis, sans retenue aucune, il commença à renifler tant il était en joie du parfum exhalé. Son attitude incongrue attira le marchant hors de sa boutique qui interpella Till :
    « A sentir mon rôt tu vas lui ôter la moitié de son odeur, donc de sa saveur. Je te prie de me payer, sur le champ, cette viande. Tu en corromps le goût à inspirer ainsi et ma marchandise devient invendable. »

    Till, s’il tirait la langue devant la pièce de boucherie, ne l’avait pas dans sa poche et répondit tout de go: « J'admets que je m'octroie quelque chose que tu as produit et je vais m'acquitter ainsi. » Ce disant il prit un écu dans sa bourse et le fit tinter sur le pavé. Il ajouta : « L’odeur du rôt se monnaye au son de l’écu. »

    Till l’Espiègle sourit au boucher ahuri et partit vers d’autres espiègleries.

    Je ne sais si cette place rend hommage à cette histoire, mais il faut bien donner un sens à cette dénomination. Voici celui que j’ai choisi pour vous. Si vous avez d’autres idées...

    January 05

    Passage des Joly Dames

     

     

     

     

    Merci Daniel qui stimule mon imagination convalescente en m’offrant ces jolies plaques de rues.

     

    Passage des Joly Dames, La poitrine d’une grosse dame s’accroche au bras de son petit mari.

     

    Passage des Joly Dames, un gringalet tire, par le cou, son gros chien. Derrière lui, un ‘tit chiwawa entraîne sa maîtresse à la forte corpulence.

     

    Passage des Joly Dames, une matrone lèche la vitrine d’une pâtisserie. Un financier malotru, en espoir d’un baiser, lui montre sa langue.

     

    Passage des Joly Dames, dans la vitrine de la même pâtisserie, une religieuse prépare un pet de nonne.

     

    Passage des Joly dames, dans une bijouterie, une femme se livre à des attouchements sur des bijoux. En auront-ils du plaisir ?

     

    Passage des Joly Dames, une touriste a son téléphone collé à l’oreille. Si elle ne le tenait pas, tomberait-il ?

     

    Passage des Joly Dames, je me suis aventurée et j’ai vu tout ce que je vous ai raconté.

     

    Passage des Joly Dames, si vous vous ennuyez, je vous invite à déambuler, on y rencontre de nombreuses occasions de s’amuser.

     
    January 03

    Rue des Fleurs

     

    Rue des Fleurs, pas de fleurs en ce deux janvier.

    Rue des Fleurs, rien à observer, à considérer, sauf... les caniveaux.

    Début janvier, dans le caniveau de la rue des fleurs, gît une boule de Noël. Verte et dérisoire de brillance, elle est oubliée sur le bitume, après les grandes agapes.

    Hier encore, Rue des Fleurs elle ornait un sapin, hier encore, elle participait à la fête et, avec ses sœurs de couleurs, elle brillait pour attiser la joie convenue de Noël.

    Dans le caniveau de la Rue des Fleurs, une boule verte est tombée et reste là. Piètre témoin de l'an révolu, elle va mourir si je ne m’en occupe pas.

    Cependant que puis-je pour elle ? La ramener chez moi ? Mais elle n’est plus de saison ! La conserver pour l’an prochain ? Elle sera certainement démodée, le vert qu’elle porte est particulier et ne sera pas dans le vent éternellement.

    Rue des Fleurs, je prends la boule et je la pose sur un muret. Au moins cette situation lui évite d’être piétinée ou arrosée par un canidé.

    Rue des fleurs, la boule de Noël oubliée ne veut pas rester loin de son caniveau, et, dans un mouvement déterminé, elle le rejoint et s’y fracasse.

    Un petit mot à Bernie, si tu passes par là. Je ne peux plus aller sur ton espace, il se dérobe sous ma souris, il apparait, puis disparait.

     

    January 01

    Bonne Année

     
     
     
     
     
     
     
    Tous mes souhaits de bonheur et de réalisations de vos espérances les plus sages, les plus folles pour 2007.
    Merci à mes lecteurs pour leur fidélité et leurs encouragements en 2006. Nous retrouverons, bientôt en ce nouveau pays qu'est 2007, pour le faire vivre et l'habiter.
     
    Prune des rues