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10月31日 
Celui qui emprunte le chemin de Grand’Vie se trouve saoulé par l’air qu’il y respire. Dès qu’il y pénètre, il adopte un comportement étrange, et contraire à ses habitudes de vie.
Celui qui reste cloîtré et qui s’anémie se met à parcourir les champs à grandes enjambées.
Celui qui n’est jamais chez lui et court le monde, rentre au bercail pour se reposer.
Celui qui dépense à tout vent, et son argent et ses amitiés, se retrouve à compter pour moins se disperser.
Celui qui retient ses richesses et les garde pour lui, se met à donner ce que la chance lui a prodigué.
Celui qui engloutit tout ce qu’il trouve, nourriture et individu, espace d’autrui et les objets aussi, voit sa faim rassasiée.
Celui qui par son côté anorexique rejette d’emblée le pain, les mouvements de vie et l’amour de soi retrouve son appétit.
Celui qui bouge trop de peur de sentir la mort le figer se calme et peut respirer.
Celui qui est immobile pour ne pas tenter la Camarde en se faisant remarquer, se sent animé d’un souffle d'eternité.
Faire quelques pas, Chemin de la Grand’vie, engendre des êtres nouveaux pour une nouvelle vie. |  |
10月26日 
Rue des Meunières, les meunières mènent tapage, les meunières mènent grand bruit. Elles dansent en rondes folles et provoquent un vacarme assourdissant. Leur gloussement diabolique emplit les portes, les pavés, les toits de la Rue des Meunières et les tympans des églises.
Rue des Meunières, les murs se bouchent les oreilles. Ils n’en peuvent plus de les entendre glapir, de les entendre hurler, de les entendre vociférer comme mégères affolées.
Rue des Meunières pas d’autos qui se cognent, pas d’autos qui se tamponnent. Elles ont fuit vers d’autres fêtes foraines où le bruit des cris ne couvrent pas le choc de leurs pare-chocs.
Rue des Meunières ne passent pas les crieurs de rue, ceux en quête de peaux de lapins ou ceux qui aiguisent les couteaux. Ils vont en d’autres quartiers où ils pourront être entendus.
Rue des Meunières, les meunières donnent de la voix, du pied et de la langue.
Rue des Meunières, les meunières frappent des mains, du battoir et font tourner la crécelle.
Rue des Meunières, les meunières établissent grand bruit, elles veulent réveiller l’endormi.
Rue des meunières, les meunières chantent pour leur mari. |  |
10月24日
Rue de l’Estompe s’estompe le temps, le temps des rires, le temps des pleurs.
Est-ce la rue, est-ce le temps qui émoussent les joies, les peines ?
Rue des l’estompe s’estompent le contours des souvenir, ils prennent du flou, ils s’escamotent, ils s’obscurcissent.
Rue de l’Estompe, s’estompent les cicatrices. Elles se gomment jusqu’à ne laisser qu’une trace si infime.
Rue de l’Estompe s’évanouissent les colères, se consolent les querelles.
Rue de l’Estompe se calment les passions
Rue de l’Estompe, s’érodent les reliefs, s’aplanissent les pentes ; s’adoucissent les angles.
Rue de L’Estompe se tempèrent les saisons, s’apaisent les vents et tempêtes.
Rue de l’Estompe s’effacent les rides, rides sur l’eau, rides du visage. Rides qui plissent un front soucieux par temps d’orage.
Rue de l’Estompe voit le passé qui s’enfuit par une porte cochère. Inutile de le rattraper, il est dépassé, il est suranné, il est estompé. 10月22日
Rue des Bottes, entendez le bruit des bottes :
v Les bottes du Chat bien nommé qui parcourt le monde depuis qu’il les a aux pelotes. Le petit Poucet court après pour lui emprunter.
v Les bottes à lécher. Celui qui se commet à cet acte particulier commence à attaquer les pavés. Surtout depuis qu’il est à la botte d’un nain.
v Les Bottes pour grands pieds, Berthe s’y pourvoit et ceux qui mènent train de vie imposant.
v Rue des Bottes, se dressent, afin de se mesurer, ceux qui sont haut comme une botte.
v Il y a aussi, Rue des Bottes, ceux qui en ont plein leurs bottes, aussi laissent-ils leurs bottes quelque part* afin de se reposer. Peut-être auraient-ils dû mettre du foin dans leurs bottes. **
v Nombre d’individus gravitent Rue des bottes. Que font-ils ? Que veulent-ils ? Mais il est à parier qu’ils cherchent chaussures ou bottes à leur pied.
* Laisser ses bottes quelque part : mourir.
** Avoir du foin dans ses bottes : être à l’aise. Selon Le Robert des expressions et locutions. 10月21日 
Voici la rue de l’Ensoleillée et non pas la rue ensoleillée. Une ensoleillée se tient en cette rue? Qui est-elle?
Est-ce une jolie fille dont la peau remplie du soleil d’août éclaire l’atmosphère de la rue ? Est-ce la toile d’un peintre ? Il a mis tant de lumière sur ses blés qu’on lui a ouvert un musée pour exposer son œuvre. Peut-être est-ce le nom d’un gâteau tout rond, tout chaud, tout blond qui, ainsi fait, évoque l’astre solaire. Une boulangerie, pâtisserie, surtout, détient le monopole de sa fabrication, Rue de l’Ensoleillée. Elle le garde jalousement.
L’ensoleillée de la rue pourrait être, aussi, l’enseigne d’une boutique de joaillier.
Figurez-vous une devanture où brillent de tous leurs feux des bracelets d’or et des colliers précieux. Voilà bien de quoi illuminer les pavés et le ciel de la Rue de l’Ensoleillée.
Enfin voici la vérité quant à l’identité de cette ensoleillée. En réalité, elles sont plusieurs et vous les avez créées à la force de votre imagination. La rue de l’ensoleillée est ainsi nommée car une jeune fille, brunie par l’été acheta à la boulangerie du quartier, une pâtisserie dite « ensoleillée ». Elle y rencontra un artiste inspiré qui peignit, sur la toile, les couleurs de sa peau dorée. Les deux tombèrent vite d’accord pour aller chercher, chez le joaillier, une bague ronde comme un soleil qui scella leur union. |  |
10月18日
Encore une fois: Merci Georges
Rue de La franchise, vous devez montrer bonne figure pour vous y faire un tour.
Rue de la Franchise demande d’honnêtes visages et de franches allures.
Elle ne tolère ni les coups tordus ni les vilaines manières, mais elle aime recevoir, sur son bitume, les francs du collier, les parangons de la loyauté.
Comment s’y prend-elle, la Rue de la Franchise pour trier ses invités ? Comment choisit-elle ses quidams et ses badauds ?
C’est qu’elle a son intégrité à conserver ainsi que sa virginité en quelque sorte. La Rue de la Franchise n’aimerait pas que soient souillé ses pavés.
Et bien c’est tout simple, lorsque la rue de la Franchise, pressent, chez un passant une certaine fourberie, elle rend le terrain glissant pour celui qui s’y aventure.
Mais allez plutôt vous promener du côté de cette rue, vous en apprécierez sa tranquillité.
10月15日
Merci Georges pour cette plaque animalière.
Dans cette rue, une tour, dans cette tour, des chouettes. Rassemblées là, en nocturne assemblée, elles tiennent conseil et commentent les évènements diurnes.
Ces petits rapaces sont en veille la nuit, comment peuvent-ils avoir des vues sur ce qui se passe le jour ? Mais pourquoi donc serait-il nécessaire d’avoir une bonne connaissance des choses pour en parler ? Une bonne imagination ne suffit-elle pas ? Les chouettes sont nanties de cette fantaisie, aussi parlent-elles avec compétence de ce qu’elles ne voient jamais.
Elles évoquent avec aisance la folie du chat. En effet, ne court-il pas après quelques chimères à prétendre qu’il a neuf vies pour lui seul ? L’ours aussi est au coeur de leur discussion, il aurait vendu sa peau avant d’être trépassé et attrapa ainsi la mort. Les voilà qui tricotent à l’infini les péripéties de Perrette et ses élucubrations sur ses marchandages dérisoires autant que lactés. Enfin, les chouettes de la tour qui est dans cette rue, examinent, sans vergogne, votre vie intime car elles pensent qu’il est du plus haut intérêt d’aider les gens en leurs ménagères affaires.
Voilà comment va la vie des chouettes, rue de la tour aux chouettes.
Ce que je vous conte n’a lieu que dans cette rue-là et cela m’étonnerait fort que vous ayez connaissance d’un autre lieu de bavardage comme celui-ci.
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10月14日 
Un quidam s’ennuyait ferme en cette rue de l’âne. Il s’ennuyait tellement qu’il prit ombrage envers lui-même et se mit en colère en ces termes :
Est-ce possible de fréquenter telle rue sans rencontrer âme qui vive? Comment ai-je été assez fou pour m’y fourvoyer et à ce point me tourmenter.
Voyez ces murs gris comme le pelage d’une bourrique ! Ils suintent le désespoir et la mélancolie. Jamais plus, oh, jamais plus, on ne me prendra à errer en cette rue.
Les pavés sont humides et dangereux pour n’importe quel baudet traînant charrette de condamnés, et puis ces corbeaux, au ciel de cette rue, chantent triste mélopée, grise comme vêpres en novembre.
Oh, jamais plus, jamais plus, je le promets devant Dieu qui me voit de son toit, je le promets devant les hommes qui ont construit cette rue, jamais plus on ne me verra arpenter cette voie-là.
A entendre un tel chant lugubre, vint à parler, aux oreilles du quidam, l’âme de la rue de l’âne.
Sous la forme d’une jolie bourrique verte, un lutin chanta à l’humain : me voilà preste et dansant sur l'asphalte luisant, me vois-tu? Me voici, me voilà, regarde ma joie et au lieu de geindre, chante avec moi l’hymne de la rue de l’âme verte, l’hymne de la rue de l’âme verte de l’âne vert, enfin chante la rue de l’âne vert.
Le quidam rendu joyeux se mit à danser et resta enchanté par la rue devenue Rue de l’âne vert.
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10月13日 
Rue des Greniers, il y a des greniers remplis de graines éparpillées, de graines égrenées, de graines à partager. Ce sont des graines engrangées dans ces greniers de la rue des Greniers.
Trions ces graines, Rue des Greniers pour s’intéresser à leur destinée.
Voici le germe d’une histoire ancienne. Sur une photo, deux époux se tiennent la main à l’orée d’une jeune vie. Puis les voilà, penchés sur la semence de leur amour, enfant rose d’espoir.
Rue des Greniers est un vivier, vivier où le passé cimente le présent pour aller vers un avenir confiant.
Rue des Greniers, trions les graines trouvées sur les planchers des greniers.
De vieux vêtements, quelques oripeaux seront adoptés par une troupe pour habiller des comédiens.
Rue des Greniers, applaudissez, ceux qui, par de douces comédies, honorent les temps anciens. Par quelques représentations, les voilà qui montrent les marches de notre épopée.
Rue des Greniers, trions les graines disséminées. Nettoyons ces miroirs empoussiérés. Ils réfléchissent les chemins d’avant nous où d'autres ont inscrit leurs pas afin d’assurer les miens, les tiens. |  |
10月8日
Merci Agnès de cette jolie plaque.
Rue des neuf fiancées, huit fiancées font une ronde autour d’une fiancée.
La jouvencelle, au milieu, est invitée à chanter ce qu’elle souhaite le plus au monde
Rose, puisque c’est son nom entonne un hymne de sa composition. Elle évoque le mariage et la nécessité du bel acte de fidélité. Elle dit souhaiter des enfants, beaux et grands qu’elle aurait avec un mari barbu
Rose reprend les mains de ses amies et Juliette vient au centre nommer ses désirs : Un galant riche, nanti de demeures emplies d’or et de meubles rares. Voilà ce qu’elle aimerait. Juliette préfère la fête aux couches souillées, Juliette est pour la pleine lumière des soirs d’été. Juliette est pour le bleu du ciel, le bleu est sa couleur préférée.
Ayant dit ce qu’elle avait à dire, Juliette regagne le cercle et laisse place à Marie. Marie la douce parle de poésie, de peinture et d’enluminure, Marie apprécierait un époux qui lui donne tout liberté à exprimer la beauté de ses sentiments éthérés. Elle ajoute qu’un gaillard portant belle barbe serait augure agréable.
Puis vient Jeanne. Jeanne fut fiancée mais l’espoir de son cœur fut tué en exerçant son métier de serrurier. Curieuse façon de trépasser, il faut dire que le jeune homme fut pris pour un voleur, alors qu'il dégrippait les coffres d’un riche seigneur. De ce temps Jeanne a gardé pour les clés, un amour immodéré.
Geneviève est de la ronde, Geneviève est au milieu. Elle ne sait quoi dire, elle ne sait quoi espérer, car Geneviève aime la solitude et aurait préféré le cloître à l’état d’épousée. Aussi annonce t’elle qu’il lui faut un époux guerrier, un de ceux sans cesse absent qui lui laisserait tout loisir d’errer sans fin dans un château pour prier le ciel et Dieu.
Voici Sylvie, la jeune Sylvie qui prend la vie comme cadeau toujours donné. Elle n’a rien à demander, elle a tout déjà d’accordé, la beauté, la vivacité et des yeux pour adorer un époux qu‘elle imagine grand et fort. Tant pis s’il est laid, annonce-t-elle à ses amies, du moment qu’il me sourit.
Marianne attend son tour car il lui importe aussi de faire ses voeux d’amour. Marianne est curieuse de connaître son avenir. Avec qui se conjuguera-t-il ? Marianne aimerait le savoir de toutes ses pensées, de toute son âme, Marianne voudrait percer le destin. Cette curiosité incessante mène sa vie et sa conduite. Elle est de celles qui guette les bruits de pas, elle est de celles qui questionne ses amis sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils font. Marianne veut tellement connaître, surtout ce qui ne doit pas l’intéresser que Anne, sa sœur Anne, vient au milieu de la ronde simplement la mettre en garde. Anne n’est pas à marier, du moins pas encore.
Sur les huit jouvencelles endiablées, reste une neuvième demoiselle.
Perraut aurait-il mal fait ses comptes en nous rapportant ce fait divers des temps anciens. Fait divers où un époux plein de courroux excita la curiosité de ses sept épouses pour mieux les trucider ? |  |
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