Rue des Travailleurs, les gens vont dormir ailleurs, vont se promener ailleurs, vont manger ailleurs.
En effet, les travailleurs qui hantent la rue des Travailleurs ont la triste manie, par leur comportement, de faire la morale aux exclus du labeur et ils sont nombreux.
Les chômeurs, en premier lieu, ne trouvent ni place ni emploi puisque tout, en cette rue, est occupé par les travailleurs.
Les handicapés moteurs n’ont pas plus de chance, les travailleurs sont habitués à un rythme soutenu impossible à concurrencer
Les retraités ont gagné le temps des loisirs qui fait si peur aux travailleurs.
Les moines et autres ecclésiastiques travaillent uniquement au rachat des âmes et ne sont pas concernés par les activités forcenées des travailleurs, rue des Travailleurs.
Les poètes n’y trouvent aucune inspiration et, comme tous les artistes, ils cultivent l’oisiveté, sœur jumelle de la paresse.
Rue des Travailleurs, il n’y a que des travailleurs. Ils sont tous animés d’un esprit de compétition. Chacun des travailleurs de la rue des Travailleurs cherchent à en imposer à son voisin en matière de productivité.
Vous voyez par qui cette rue est fréquentée ? Et oui, par des détraqués !
Prune dans ses rues.
ET
Dans la rue des Travailleurs, c'est toujours le 1er mai. Chacun aime le travail mais à condition de respecter la charte du travail qui prévoit les horaires journaliers, les salaires, les congés, etc. Elle est régulièrement mise à jour pour s'adapter à l'évolution des moeurs.
Dans la rue des Travailleurs, chacun aime le travail bien fait et pour cela chacun s'arrange pour donner du coeur à l'ouvrage. Les chômeurs y sont attendus avec impatience pour leur proposer de sortir de leurs problèmes financiers. Au bout de quelques semaines, de tristounets qu'ils étaient, ils ont le sourire aux lèvres. Ils ont oublié que "travail" signifie à l'origine "instrument de torture". Ils se sentent une raison de vivre. Bien entendu, dans la rue des Travailleurs, l'emploi correspond à sa qualification , à ses goûts et non à une duperie juste pour donner l'illusion d'une courbe montante des "actifs".
Dans la rue des Travailleurs, les handicapés moteurs sont les bienvenus. Les responsables aménagent les activités en fonction de leurs problèmes. A intervalles réguliers, les retraités viennent faire des visites pour expliquer qu'après tout ce travail le repos sera bien mérité.
Dans la rue des Travailleurs, les poétes et autres artistes aiment s'y retrouver. A leur tête Victor Hugo pour avoir écrit Les travailleurs de la mer Et puis il y a Zola qui a connu leur misère en descendant avec eux à la mine, et puis encore Aragon et bien d'autres plus récents.
Dans la rue des Travailleurs se retrouvent tous ceux qui ne tirent pas profit de l'argent.
5 novembre 18:19
Bernie dans mes rues.