Merci Daniel de stimuler mes délires.
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Rue de la Fontaine du Chat, un chat possède une fontaine. Écoutez-le vous raconter comment il se l’est procuré :
-Un jour de Novembre, Je maraudais dans une rue sale et puante. La faim au ventre, je traînais entre les poubelles gorgées de détritus. Il fallait vraiment que le triste besoin de me nourrir me tenaille pour que j’accepte de fourrer mes pelotes délicates entre ces immondices.
Trop aimé, puis moins aimé par une enfant capricieuse et vaine, je me suis enfui d’un chaud logis le jour où elle prit envie d’un caniche futile.
J’ai préféré ne pas partager l’amitié frivole de cette gamine inconséquente.
Habitué à ce que l’on me fournisse le boire et le mangé, le logis et le couché, j’étais en difficulté en ces lieux sordides.
Mon nez souffrait de tant d’odeurs indélicates. Mes oreilles ne comprenaient pas les mots crus qui sortaient des fenêtres ouvertes, mes pattes soyeuses se blessaient aux cailloux de la chaussée.
J’étais pourtant déterminé à ne pas rentrer au nid et à faire de mon existence une vie d’errance et d’aventures.
Tout à coup, mes sens émoussés d’avoir été trop gâtés se mirent cependant en alerte. Un froissement de feuille, un bruissement d’air, la queue d’une souris traversa mon champ de vision. Pas trop engourdi encore par des ripailles plus qu’honnêtes, je m’élançais, bien décidé à lui faire son affaire.
Je la poursuivis et je réussis à la coincer entre une brique salie par un congénère et une vieille caisse de fruits. Je m’apprêtais à lui assener ma botte secrète, mon coup de griffe létal quand elle me supplia de l’écouter. D’une traite et sans prendre haleine elle me débita le conte que voilà :
- Au lieu de te remplir l’estomac de ma personne, ceci juste pour apaiser une heure ou deux une faim qui reviendra régulièrement, tu ferais mieux d’aller goûter l’eau d’une fontaine connue de moi seule. Cette eau à pouvoir de rassasier celui qui s’y abreuve, ainsi que de laver le poil et les oreilles sans les mouiller. En effet, elle sèche avant d’imbiber. De plus, si tu comptes les gouttes qu’elle projette sur le sol, tu auras une vue surprenante, une vision extraordinaire qui te fera considérer la vie sous un autre angle. Si tu m’épargnes, je te montrerai l’endroit où elle se trouve.
- D’accord, lui dis-je, attiré par cette eau qui ne détrempait pas, mais ne t’avises pas de me tromper, sinon...
La souris ne m’attira dans aucun piège et me fit connaître cette fontaine que je fréquente, désormais avec beaucoup de joie.
Elle avait raison, aussi, quand elle me dit que je verrai la vie différemment, car elle devint ma femme et, à ce jour, elle l’est encore.