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    May 28

    Rue du Chat Fou

    Plaque offerte par Monique et dédiée à Daniel qui tomba amoureux d'une jeunesse.


    Rue Du Chat Fou, Un Chat fou d’amour pour une belle automobile y séjourna quelques temps.

    Ce matou pouvait en remontrer à plus d’un en matière de racisme puisque l’objet de ses amours était japonais d’origine.

    De ligne pure, racée et nerveuse, le joli petit lot prenait place, tous les soirs, devant une porte cochère et semblait attendre le client. Le greffier désespéré la prit pour une fille de mauvaise vie, une chambre mobile qui abriterait les amours vénales de garçons et de femmes à payer. Sa passion pour ses jantes élégantes, et sa carrosserie profilée ne se démentit pas pour autant et il s’évertua à vouloir se faire aimer par sa belle métallisée.

    Ce chat n’était pas comme chien à pisser sur les pare-chocs pour marquer son territoire, sa petite taille le desservait et la folie d’amour qui le gagnait l’incitait à ne plus être discret. En effet, il est connu et reconnu que les chats, au mois d’août miaulent comme fous.

    Notre moustachu avait donc peu de moyens pour séduire la belle à la fière mécanique.

    Un jour de fin d’été, alors que, désespéré, il appelait sa belle de tous ses vœux, elle répondit enfin à ses cris et lui ouvrit sa portière. Le chat ne se fit pas prier et sauta sur le siège du chauffeur. Assise à sa droite, une créature de rêve lui plaqua un baiser entre les oreilles.

    Instantanément, son chef se couvrit d’une casquette, ses membres postérieurs s’allongèrent jusqu’aux pédales et ses antérieurs atteignirent le volant.

    C’est ainsi que le chat fou d’amour de la rue du Chat Fou devint chauffeur de la belle japonaise. A l’heure qu’il est, il en est le maître et la conduit de par le vaste monde.

    Je ne sais pas ce qu’il advint de la belle passagère. Peut-être est-elle toujours à ses côtés.

    May 27

    Chemin de la clé des Champs

    Chemin de la clé des Champs, se mettre en chemin pour trouver la clé des champs. Observer l’air ambiant, chercher, l’air de rien, où se cachent les clés à ouvrir l’aire des champs qui s’offre à l’investigation des esprits agraires ou grégaires.

    Chemin de la clé des champs, la clé du champ des morts bien en main, parcourir les allées à la découverte de celui qui aurait trépassé au champ d’honneur. Entonner, sur sa tombe, une triste mélopée car, sur les champs de batailles, les chants désespérés sont les chants les plus beaux, dit un poète.

    Chemin de la Clé des champs, soulever les pierres à la recherche de la clé du champ de tir. Nanti de cet outil, se mettre en quête des balles perdues, balles de tennis, balle de match et autres accessoires utiles à certains jeux de mains et de raquettes. Les balles susdites sont là, disséminées à tout bout de champ.

    Chemin de la clé des champs, considérer en chemin, le lapin et son cabas. Il va au champ de courses pour y quérir des navets frais, des carottes rousses et de la salade. Pour lui, rien ne vaut un marché bio où les courses se font sur place, en quantité respectable et gratuite.

    Laisser le champ libre à cet animal, il lui faut, maintenant, s’occuper du repas de sa nichée.

    Enfin, se rendre sur le champ au champ de foire, si on n'a pas laissé la clé de ce champ entre les oreilles du lapin. En faire le tour et prendre un peu de champ pour l’emporter dans ses rêves.

    May 15

    Place Chicane

    Place chicane il y a bien matière à chicane :

    Une mouche taquine un âne.

    Un dindon poursuit une cane.

    Un chat monté sur une bécane

    Va à la rencontre d’un platane,

    Car le matou est cocaïnomane.

    Place Chicane, tu chicanes pour

    Une catalane très opiomane

    Qui s’abreuve d’une tisane

    A la gentiane et à la valériane.

    Suivie d’un cigare de la Havane.

    Chicane, chicane, place Chicane

    Car elle danse la belle gitane

    Courtisane en mal de banane

    Prête à construire des cabanes

    Pour cacher qu’elle est héroïnomane.

    Puis, comme tigre en savane

    Voici que s‘avance la caravane

    De mille kleptomanes

    Des billets ils ont imité le filigrane.

    Chicane, tu chicanes, Place Chicane

    Tu chicanes car ces vers lancés à la sarbacane

    Ne sont pas au goût des mélomanes.

    Malgré leur rime en « ane »

    Ils ne feront vibrer aucune sensible membrane.

    May 07

    Rue du Chapeau Rouge

    Autrefois, bien avant votre naissance à tous, cette rue s’appelait plus simplement : "Rue du Chapeau".

    En cette rue, un homme portait un chapeau rouge. On ne savait pas qui il était réellement et il est à parier que lui même n’était pas au courant de sa propre identité. En arborant un tel accessoire (le Chapeau rouge.) Il s’assurait d’être au moins nommé. Il fut, tout naturellement baptisé, vous l’avez deviné : « l’homme au chapeau rouge. »

    L’individu sus-désigné s’inventa une filiation. Une grand-mère au temps de sa jeunesse, affublée d’un petit pot de beurre et portant chaperon écarlate, ou le contraire, se serait perdue dans les bois, alors qu’elle allait nourrir son aïeule  Dans la couche de sa Mère-Grand, au lieu de la vieille attendue, elle y trouva le Loup ! L’homme au chapeau rouge fut assez pervers pour laisser entendre que tout ce passa au mieux entre son aïeule chapeautée et la bête sylvestre.

    Il avança que de leurs amours interdits par la nature naquirent ses ascendants les plus proches.

    Les gens de la rue du Chapeau s’ennuyaient ferme. Aussi furent-ils reconnaissants, à ce conteur de fables, de les amuser de la sorte.

    Pour garder le souvenir de son passage, ils baptisèrent la rue où ils vivaient : «  La rue du Chapeau Rouge ».

    May 03

    Rue de l'Oiseau

    Rue de l’oiseau, un oiseau fit son nid. Sa couvaison terminée, il se trouva si bien en ces lieux qu’il y demeura pour le restant de sa vie.

    Le problème auquel il se trouva confronté fut le manque d’information dû à sa sédentarité nouvelle. En effet, l’oiseau, quand il voyageait de par le monde, glanait ici et là, des enseignements encourageants ou décourageants selon les modes et les politiques exercées. Or, à rester le derrière collé aux brindilles de son abri, il devint ignorant et quelque peu abruti.

    Bien sûr, lorsque ses congénères arrivaient, à la belle saison, ils racontaient à l’ermite ailé tout ce qu’ils avaient appris d’intéressant en matière d’innovation. Mais l’oiseau qui avait choisi l’immobilité ne comprenait plus rien aux nouvelles technicités. Aussi, pour cacher le handicap qui le gagnait de plus en plus, fit-il semblant de bouder. Il détourna, ainsi de lui, l’obligeance de ses compagnons lassés par ses humeurs.

    L’oiseau devint muet et se dessécha de l’intérieur. Il se momifia ainsi et il était mort depuis bien longtemps quand une hirondelle sur le retour s’aperçut de son décès.

    Son corps sec et rétréci, accroché au nid fut gardé comme effigie. Il symbolisa, pour les jeunes, l’inertie et la défaite de celui qui veut rester au nid.