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August 31 
Magnifique plaque que Francis m'a offert. merci Francis.
Rue de la femme sans tête, une femme a perdu la tête. Entendons-nous par là qu’elle a perdue la raison ? Oui peut-être car c’est ainsi que cela s’énonce aussi. On dit qu’il a perdu la tête celui qui n’a plus son entendement, sa totale compréhension, toutes les facultés de sa tête, quoi !
Rue de la femme sans tête, une femme a perdu la tête, certainement une histoire d’amour. Les femmes sont ainsi, à gaspiller leur raison pour de futiles passions.
Rue de la femme sans tête, une femme a perdu la tête, pour une histoire d’argent. Les femmes sont ainsi, à trahir le sens commun pour de sordides transactions. Ainsi sont les femmes, vénales et cupides.
Rue de la femme sans tête, une femme a perdu la tête, entendons-nous par là qu’elle fut raccourcie, raccourcie par la veuve légitime, celle qui oeuvra sous la terreur et sous quelques républiques ?
Elle fut raccourcie pour une histoire d’amour qui tourna mal, qui tourna court. Aimer lui était interdit et bêtement, elle insista jusqu’à se trouver là, devant le gibet que monsieur Guillotin inventa.
Elle fut aussi raccourcie pour une histoire d’intérêts, d’intérêts que tous ne partageaient pas, surtout ceux qu’elle lésa.
La morale de cette histoire se résume ainsi : Vous voyez bien que toute image se rejoint. Être étêtée contient les deux allégories de la tête et de la raison, que l’on perd ou que l’on garde froide par dessus les évènements, ceux qui nous gouvernent ou ceux que l’on maîtrisent. |  |
August 28 
Plaque de rue dédiée à Marie-Christine, Véronique, Chantal, Hubert, Christiane, Jacques-François, Yvonne, Marie-loup, Sylvie, Laurence, Danièle et Jacqueline.
En souvenir d'une orgie de mots à écrire, décrire et réécrire pour notre plus grand plaisir.
Chemin des orgies, je suis attendue au tournant. Le Chemin des Orgies a-t-il un tournant ? Non, ici, cela s’appelle un coude, un coude qui se lève aisément pour célébrer quelques orgies, Chemin des Orgies. Des orgies de boisson, car les assoiffés, chemin des Orgies, réclament des breuvages divins, des élixirs délicats, des nectars exquis.
Chemin des Orgies, je me suis rendue en courant. En courant après le temps, le temps des orgies. Orgies de nourritures, nourritures terrestres, celles qui remplissent le corps de délices et sucreries. Nourritures de l’âme aussi, celles qui flattent l’esprit, l’enchantent, le charment et le réjouissent.
Chemin des Orgies, j’y ai vécu quelques temps. Assez longtemps pour satisfaire mes envies, mes envies d’orgies de mots et d'écrits, Chemin des Orgies. Puis rassasiée de délices, assouvie d’ivresse, repue de volupté Je suis rentrée au couvent, au couvent du Chemin des Orgies afin que ma plume débridée trouve l’inspiration dans l’orgie des pensées. |  |
August 16
Merci Daniel de cette rue.
La rue Beaumiroir est pleine de beaux miroirs. Les flaques en sont, qui réfléchissent les cotillons soyeux des jouvencelles. Les vitres parfaites renvoient des visages de beautés aux amants qui savent voir. Les glaces sans tain des boulangeries, Rue Beaumiroir répercutent à l’infini, la grâce des boulangères.
Puis les vitrines, les vitrines des marchands d’illusions sont aussi des miroirs, Rue Beaumiroir. Vitrines pour toutes les dames heureuses d’être, en cette voie, remplie d’éclat.
Pourquoi les miroirs sont-ils beaux, Rue Beaumiroir ?
Parce que les filles y sont belles et que tant de beauté reflétée est renvoyée dans le miroir sans le ternir aucunement mais, au contraire, lui donne un brillant éblouissant.
Utopie, rêve toujours quémandé par des reines qui craignent la jeunesse des princesses ? Les miroirs de la rue des miroirs sont ils rutilants de vraies splendeurs ou savent-ils être menteurs ? August 15 
Merci Georges pour l’illustration de mon nom de famille.
http://charentaisdecoeur.spaces.live.com/
Sentier des Pruniers, les oiseaux sont au nid et pépient sur un prunier.
Ont-ils faim ? Ont-ils soif ? Non ils clament leur joie d’être là, sur le prunier hospitalier du Sentier des Pruniers.
Sentier des Pruniers, il y a des bouquets de roses sauvages qui tendent leur visage vers le soleil couchant.
Ont-elles froid, ont-elles peur ? Non, elles remercient le ciel d’être sous les nuages du Sentier des Pruniers.
Sentier des Pruniers, il y a une source claire à la douce mélopée. Parle-t-elle de sa peine, dit-elle sa nostalgie ? Non, elle enchante par son chant, le Sentier des Pruniers.
Sur le Sentier des Pruniers, c’est toujours le printemps. Par les glaces de l’hiver, quand la fournaise de l’été brûle les herbes, sur le Sentier des Pruniers c’est toujours le printemps, car mon bel amour m’y attend.
August 13
Plaque soupirée par Agnès que je remercie.
Les soupirs sont assoupis là, dans les soupiraux de l’impasse des soupirs.
Les soupiraux sont des nids de soupirs qu’ils servent selon les besoins des aspirants à devenir soupirants.
Les soupirs sont poussés après moult désirs, désirs de soupes chaudes, espoirs déçus, passions assoupies.
Dans les soupentes de l’impasse des soupirs, se servent des desserts pesants. Charlottes aux fraises serrées de sauce sucrées soulèvent l’estomac des inspirés des dîners aux chandelles.
Les soupirs serpentent, Impasse des soupirs. Ils serpentent et enserrent l’esprit des poètes. Les soupirs inspirent les âmes qui aspirent à servir la poésie des rues et des impasses, des ruelles, et des places. August 07
Merci Georges de cette plaque incroyable.
C’est bien les impasses, cela permet d’emprisonner plein d’idées. Les idées se fourrent dans des impasses car elles les prennent pour des rues où elles seraient libres de circuler.
Hors, dans une impasse, pas d’issue possible, pas d’issue possible pour ce Ha-Ha que voilà muré dans les pavés de l’impasse.
Il y est enserré comme le rire au fond d’une gorge, comme la vérité dans un puits, comme un hameçon fiché dans le cou d’un poisson.
Ce Ha-Ha est prisonnier et ne peut plus enchanter le gosier de filles. C’est ce qui l’ennuie le plus car cette agréable mission lui était dévolu autrefois.
Seul dans son impasse, il se souvient comme il glissait le long des juvéniles cous. Il se transformait en douce cascade et oscillait entre le chant cristallin d’un pur ruisseau et le roucoulement de la tourterelle.
Mais voilà qu’un jour, Ha-Ha c’est trompé d’octave et que dans un moment d’étourderie il a produit ce son féminin dans la gorge d’un joueur de rugby.
(Il était logé là pour quelques temps afin que la joie l’homme victorieux prît corps.)
Le sportif en plein désarroi se mit à crier, vociférer, chercher, au fond de sa puissante poitrine les sons les plus graves qu’il put émettre et il projeta définitivement le Ha-Ha dans une impasse.
Depuis le pauvre y est confiné et rêve du temps passé. |  |
August 03 
Merci Bernard, pour les cancans
Rue des Cancans, entendez-vous ce doux bruissement ?
Ce sont les cancans qui s’agitent, se défroissent, se déploient pour commencer la journée. Ils naissent et s’enflent sous le vent de rumeur qui les cultive, les nourrit et les porte.
Rue des Cancans, les cancans prennent leur envol, et observent, du haut des toits de la Rue des Cancans quel nid ils pourraient habiter, quel foyer ils pourraient visiter. Car les cancans sont comme les coucous, ils aiment s’emparer de ce qui ne leur est pas destiné.
Voyez le grand cancan blanc, il vient de se poser sur le presbytère pour rapporter, à la messe, que le curé teste le vin avant la célébration.
Et puis remarquez cet autre, il est venu au monde en début d’année et déjà se débrouille fort bien à répandre que Mariette trompe son Charles sans vergogne aucune.
Si vous prêter l’oreille à qui vous la rendra, écoutez cet autre cancan tout gris d’être passé par la cheminée de Lucette. Il raconte comment elle compte les sous qu’elle vole à sa pratique.
Rue des Cancans, entendez-vous ce doux bruissement ?
Ce sont les cancans qui rentrent chez eux, satisfaits de leur journée, satisfaits de leur utilité à remplir la vie du quartier.
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August 01 
L’Énergie est dans une impasse. Elle se plaint, geint, regrette de s’être fourrée ici, mais c’est trop tard, elle y reste bel et bien.
Il faut dire qu’elle en a agacé du monde : les petits enfants, avant de se rendre à l’école devaient faire le plein d’énergie jusqu’aux oreilles. Les gamins n’en pouvaient plus d’être gavés ainsi. L’énergie qu’ils absorbaient sous forme de vitamines et autre calcium à fabriquer les os, leur a donné la nausée et ils se sont concertés...
Puis vinrent les réclamations des mères-de-famille-femmes-d’affaire-épanouies par ci-épanouies par là. Pour se réaliser pleinement en ces tâches à montrer au monde entier sans défaillir aucunement, elles devaient s’engorger de stimulants et autres merveilleux médicaments.
Substances en tout genre, sensées apporter l’indispensable énergie à leur corps et esprit surentraînés.
Enfin les gens, en général mirent en cause ce tyrannique besoin. En effet, l’énergie permettait aux uns de travailler sans discontinuer, aux autres de créer, à certains de tuer, voir de torturer. D’aucuns se trouvèrent plein d’allant pour payer leurs impôts, laver leur voiture, passer leur journée sans sieste.
Alors, une formidable solidarité naquit spontanément entre tous ceux-ci, ils prirent l’énergie par une aile et la confinèrent définitivement dans une impasse.
S’il vous arrivait d’être en manque, vous savez où la trouver. |  |
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