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    June 28

    Vacances,flemme etc

    Devoirs de vacance

    A la veille de mes vacances, un petit mot pour saluer tous les amis qui ont laissé leurs traces dans mes rues desertées par mes soins.
    Y compris ceux qui se sont vexés de mes absences sur leur espace. J'ai reçu, en ce sens, quelques vertes remarques méritées peut-être...
    Ceci pour vous dire que, à l'heure où je vous écris, je ne sais pas si je vais continuer à arpenter mes rues. Plus d'inspiration... Besoin de se renouveller qui ne se manifeste pas et que je sens emprisonné par l'obligation que je me fais moi-même d'illustrer mes plaques de rues.
    Je vais mettre à profit mon dépaysement pour réfléchir au devenir de mon écriture.
    Sincèrement merci à tous mes fidèles et bon chemin à vous tous.

    Prune des Rues
    April 19

    Espaces non autorisés



    Bonjour à tous.

    Il m'arrive de vouloir rendre visite à certains d'entre vous qui ont déposé, sur mon espace un commentaire sympathique et qui m'invitent chez eux. C'est le cas de Seb le poète. Hors je "tombe" sur "espace sécurisé" il faut une autorisation pour entrer. Je laisse un message, un autre message s'affiche me disant que mon message est transmis et plus rien ne se passe, plus de nouvelles de l'affaire.
    Je me dis tout cela est-il réellement transmis à la personne propriétaire de l'espace sollicité? La personne ne veut-elle pas répondre?
    Je dois avouer que je trouve ça frustrant et que ça me gonfle, voui, ça me gonfle. Si les personnes veulent des visites, qu'elles assument et ne ferme pas leur porte, laissez une lumière que diable. Si cela vient d'un bug c'est autre chose et je suis gênée, vis à vis des gentillesses que l'on me fait auxquelles je ne peux pas répondre.

    J'ai décidé, quant à moi, de ne plus solliciter ces espaces.

    Prune des rues.

    NB: je ne parle pas des espaces auxquels ont ne peut acceder pour bug, comme ça se passe quelques fois.
    February 20

    Rue...

    J'ai bien conscience que cette plaque a quelques airs de prétention.

    Ma foi, avoir une rue à son nom n'est pas destiné à tout le monde.

    Mais ce me fut donné, à moi, par celui qui partage quotidiennement mes rues.

    Juste pour vous faire partager son humour, excusez du peu.

    Prune des rues.

    January 01

    Bonne Année

     
     
     
     
     
     
     
    Tous mes souhaits de bonheur et de réalisations de vos espérances les plus sages, les plus folles pour 2007.
    Merci à mes lecteurs pour leur fidélité et leurs encouragements en 2006. Nous retrouverons, bientôt en ce nouveau pays qu'est 2007, pour le faire vivre et l'habiter.
     
    Prune des rues
    November 29

    Blues du blog

     
     
     
     
     
    Comme vous l'avez sans doute remarqué, j'ai, en ce moment le blues du blog et le blues de l'écriture me tient aussi. J'ai décidé de ne rien forcer. On verra après les fêtes, ou avant, peut-être.
     
    je vais tout de même me balader chez vous.
    A bientôt.
     
    Prune des rues désertées.
    July 25

    Anniversaire

     
     
     
     
    Ces jours-ci marquent l'anniversaire de ce blog: Un an déjà! comme on dit...Ma foi, je suis dubitative. Contente d'avoir eu cette idée et de vous l'avoir fait partager, mais l'intérêt s'épuise, j'ai bien l'impression.
     
    Faut-il arrêter avant de lasser? Je le pense mais j'aurais aimé démarrer autre chose, or, je n'ai pas d'idée.
     
    Voici donc ces réflexions un peu tristes, amenées par le peu de commentaires reçus. Ils sont sympathiques, ces commentaires, je les apprécie mais ils émanent toujours un peu des mêmes personnes que je remercie d'ailleurs.
     
    Bon, que pensez-vous de tout ça, par rapport à vos propres blogs à vous?
    Cependant merci du partage et merci à tous ceux, qui, m'ont envoyé des plaques de rues.
     
    Prune des rues, des chemins.
     
     
    June 18

    Merci Geneviève

     
     
    Geneviève a pris le temps d'arpenter les pavés de mes rues. Elle a laissé son empreinte Rue du Champ des Prêtres. Retournons y goûter ce qu'elle nous y laisse.
     
    Prune des rues.
     
    June 06

    Georges s'y colle

     
     
    Merci Georges de ta contribution. Je vois que tu as compris les messages de mon espace personnel et que tu y contribues à bon escient.
     
     
    Prune des rues qui te salue.
    May 25

    La centième!

     
    La Rue des Cancans, envoyée par Bernard, fut mon quatre-vingt-dix-neuvième billet de rue.
     
    Christine, sollicitée par mon ami Jean François m'a fourni la centième rue de New-York. merci Christine et Jean-François.
     
    Cette photo est un  cadeau trait-d'union; un cadeau clin d'oeil que j'apprécie, mais je vous réserve, prochainement ma vraie centième, celle que je choisirai pour vous.
     
    A bientôt.
    Prune des rues, des chemins.
     
    May 09

    Ce qu'il advint à Sophino

    Nouvelle que je prépare pour un concours. Le thème est "vite" Merci de me dire ce que vous en pensez. à prunierma@yahoo.fr

     

    Prune des rues

     

     

    Plic, ploc Sophino vient de tomber de son étoile.

    Plic, ploc Sophino est étourdi, il n’a pas vu la grande marche.

    Plic, ploc, Sophino a souillé, dans une flaque, sa belle écharpe.

     

    Sophino est arrivé sur terre par inadvertance. Il ratissait chez lui, du côté d’Elséï. Vous savez : « Elséï », l’étoile qui est au sud de l’Étoile du Sud. Le terrain est dangereux par là-bas, à cause de cette excavation qui mène on ne sait où. Ceux de chez lui l’ont prévenu de tout temps : « Sophino, attention à la grande marche, Tu vas trop vite, prends ton temps quand tu jardines par ici. Beaucoup d’entre nous ont disparu, certains ont eu beaucoup de mal à revenir et aucun n’est rentré indemne. »

    Habituellement, Sophino écoute les conseils, mais là, malgré sa bonne volonté, il n’a pas compris ce qu’on lui a dit. Sophino a culbuté car il ne sait pas ce que veut dire : « Tu vas trop vite. »

    Maintenant, il est là à humer l’air du temps. Il n’a pas froid, il n’a pas peur mais il a besoin de se reconnaître, de prendre ses repères. Heureusement, il a son écharpe, celle que lui a légué, il y a bien longtemps un aïeul. Cette écharpe est magique car elle permet de poser les bonnes questions. Il suffit de fourrer son nez dans le tissu soyeux et d’en respirer le parfum de rose.

    Sophino avise un chemin et y engage ses pas. Il marche longtemps, enfin, il ne sait pas trop. C’est moi qui vous conte ce récit, qui précise qu’il marche longtemps. Sophino marche et voilà tout.

    Son attention est attirée soudain par les cris d’une femme. Ils arrivent à lui en passant par une fenêtre ouverte : «  Vite, dépêchez-vous ! Vite éteignez le feu sous le lait ! Vite, il se sauve, à quoi pensez-vous ! » Notre flâneur décide qu’il préfère entendre le chant si impertinent des merles. Il continue son chemin et rencontre un garçon bien mis de sa personne qui court avec une vélocité sans pareille vers un but indéterminé

    - Où vas-tu ? lui demande Sophino

    - Je ne sais pas, répond l’autre, mais j’y suis attendu.

    Notre jeune exilé ne saisit pas et continue son chemin en se disant qu’il manque un maillon à son bon sens pour tout comprendre de ces humains.

    Cette intuition se confirme quand il écoute cette étrange conversation perçue par dessus la haie d’un jardin : «  Les radis ne germent pas assez vite, ils ne seront jamais prêts pour midi ! »

    Pourquoi, Diable, les radis doivent-ils faire preuve de vitesse ? Il sera bien temps de les manger à la saison. Cette question, qui n’émane pas de l’écharpe mais de sa tête, taquine Sophino jusqu'à ce qu’il arrive en lisière de forêt où se trouve, posée là, comme un jouet charmant, une maisonnette tenue par un vieil homme.

     

     Toc et toc, Sophino toque à l’huis de la chaumière

    Toc et toc, Sophino est invité à y entrer

    Toc et toc, Sophino en ressortira plus savant.

     

    - Veux-tu te restaurer ? lui demande le vénérable vieillard. Antoine, pour ceux qui le connaissent.

    - Je veux bien répond Sophino. Il n’a pas très faim mais il pense qu’un repas doit durer assez longtemps pour qu’il puisse questionner son hôte. En effet, l’écharpe couleur du temps s’est manifestée et suscite des demandes.

    L’homme s’affaire aux fourneaux, Sophino rompt le silence :

    - Tu sais ce que signifie « Vite » ?

    Le vieillard surpris reste la cuillère en l’air et se ravise. Il déteste être pris au dépourvu par des questions saugrenues et tâche, en toute occasion, de garder son quant-à-soi. Il fait mine de goûter sa soupe et maugrée d’un ton sentencieux :

    - Il me semble que la vitesse est indissociable du mouvement. Il faut un mouvement rapide et régulier pour faire monter la mayonnaise. Oui, oui, voilà toute l’affaire, la mayonnaise est un bon exemple. Une multitude de mouvements répétés est nécessaire à la fabrication de la mayonnaise. Plus un peu d’ail, à mon avis.

    Donc, pour discuter du « vite » il faut parler du mouvement, de l’action, en quelque sorte, de l’action répétée plusieurs fois en peu de temps.

    - Je loupe régulièrement les mayonnaises, murmure Sophino, piteusement.

    -Je peux t’apprendre, c’est simple, un bol, un jaune d’œuf, un peu d’huile, de moutarde et ça roule, si je puis dire.

    -Je sais bien, mais, quand je veux casser l’œuf, je pense à la poule qui a pondu l’œuf, qui fut elle-même dans un œuf autrefois, et si quelqu’un avait décidé, à ce moment-là de faire une mayonnaise, je n’aurais pas l’oeuf en main. Toutes ces pensées amènent mollesse en mon esprit et empêche mon action.

    - Évidemment, tu ne dois pas souvent manger de fruits de mer, à ce compte-là.

    Voici que l’écharpe se manifeste, elle adopte un doux mouvement imperceptible, Sophino est averti et s’enquiert :

     - A quoi cela sert il de faire vite ?

    - Pour la mayonnaise, puisque nous étions partis sur cet ingénieux exemple, cela sert à ce qu’elle soit ferme et qu’elle ait bonne allure sur les chemins de table.

    - Que le feu sous le lait soit vite éteint, que les jeunes gens se dirigent vite sans savoir où et que les radis se dépêchent de pousser, cela sert-il aussi à ce que tout ce monde ait bonne allure à table ?

    Antoine, encore une fois, s’arrête net et manque de faire tomber la crêpe qui tourne au-dessus de la poêle. Cette dernière s’en aperçoit à temps et suspend son vol de façon à ce que l’homme reprenne ses esprits.

    - Non, évidemment, enfin je ne crois pas. Si le lait se sauve, c’est que la ménagère rêve, ses pensées l’emmènent loin de ses fourneaux, une poétesse, peut-être ? Le type qui court fait ça pour s’occuper l’esprit, quant aux radis, leurs objectifs m’échappent.

    - Alors, quand je fais ma mayonnaise, énonce tout haut Sophino, je ne devrais pas penser à tout ce que je t’ai dit de l’origine de la poule et, ainsi, je la réussirais.

    - Il se pourrait que tes digressions empêchent ta mayonnaise de prendre, effectivement. Il faudrait que tu t’entraînes, que tu fasses un stage de montage de mayonnaise. Il faudrait que tu te concentres sur ce que tu fais au lieu de penser à autre chose. Cela marcherait forcément mieux.

    - Cela me semble difficile, répond notre innocent, j’ai toujours quelque chose en tête. Les gens qui vont vite n’ont-ils rien en tête ?

    - Il y a des risques, en effet. Et comme ce vide leur fait horreur, ils s’agitent de plus en plus afin d’avoir l’illusion de remplir leur vie. C’est un cercle sans fin, vois-tu, Sophino.

    - Je ne suis pas sûr que cela me tente, réplique Sophino, finalement, je crois que je n’apprendrai pas à faire la mayonnaise.

     

    Do do, Sophino prend du repos.

    Do do, Sophino n’est pas un sot.

    Do do, Sophino choisit son credo.

     

    Maintenant, Antoine baille très fort :

    - Je t’invite à faire un somme.

    - Tu vas dormir longtemps ?

    - Celui qui dort longtemps ne dort pas forcément beaucoup mais dort lentement énonce fièrement l’homme. Il attendait l’occasion de placer cette phrase.

    Dans la pénombre de la pièce, Sophino rêvasse et cogite. Il est de plus en plus convaincu que la vitesse n’est pas forcément bonne en soi.

    Par ses actions répétées, elle vide les têtes de la pensée. Et de la pensée émerge la création, Sophino le sait, son écharpe le lui dit souvent. Ces gens, croisés sur son chemin, ressemblent à des pantins brassés par le vent. Ils sont toujours contraints d’être en mouvement de peur que ne les rattrape cette insoutenable sensation de vide.

    « Vite » agite l’homme, conclut Sophino, il l’agite et l’empêche d’être.

     

    C’est pendant son sommeil que Sophino regagne doucement son étoile sans vraiment comprendre comment. Cette façon de voyager lui convient mieux que celle adoptée, autrefois par son aïeul. Ce dernier avait utilisé les services d’un serpent.

    Le transport par éclair jaune semble trop rapide pour qui prend le parti de la lente réflexion.

    Son seul regret est de ne pas avoir salué Antoine une dernière fois. Sophino est parti trop vite pour ça.

     

    February 16

    Chemin de lignes

     
    Voici un texte de Paul. Il va dans le sens du bon chemin 
     
     
     
     
     
     Vies parallèles.
     
     
    Elle avançait tout droit, sans se soucier des cercles vicieux, ni des angles obtus. Elle n’avait qu’un but dans sa vie: tracer son chemin tout droit, et forcément cela devint sa ligne de conduite. Elle avait décidé de n’en varier d’aucun iota, jusqu’au jour où elle rencontra l’âme sœur.
     
    Mais par définition ou par destin capricieux, son amour nouveau avait la même attitude qu’elle. Le maître de cet espace infini les avait baptisées droites parallèles et, parallèles, elles le resteraient. Elles firent donc un long chemin ensemble, sans pour aut ant échanger un mot, émettre une hypothèse, parler d’une inconnue ou tenter une intersection. Leur destinée était toute tracée; ou bien alors, pour leur malheur, leur déshonneur, il fallait que l’une d’entre elles change d’état. Mais si, en changeant d’état, elle brisait le cœur de son amour, elle ne s’en remettrait jamais.
     
    Alors, elles continuèrent leur route, jusqu’au jour où l’une d’entre elles, chagrinée, déçue par sa vie toute tracée, y mit un point, s’y attacha et s’y pendit dans le vide infini.
     
    PAUL dans mes rues, mes chemins.

    February 08

    Haïkus

     
     
     
    Je remercie celles, ceux d'entre vous qui trouvent le courage de fouiller dans les archives de ce blog pour y laisser leurs empreintes d'écriture.
     
    En voici un exemple sur la page que je cite.
     
     
     
    Prune des rues, des chemins.
    February 04

    Le livre de Nicéphore

     
     
     
    Voici la mise en ligne d'un recueil que j'ai écrit: Le livre de Nicéphore.
     
    Nicéphore est un philosophe qui s'ignore mais les évènements de l'existence suscitent un questionnement qu'il soumet à Nathan, son maître à penser.
    Vérité, liberté, mort, écriture, voilà autant de thèmes auxquels Nicéphore vous invite à réfléchir avec beaucoup d'humour.
     
    Je vous prescris un chapitre par jour, pour éviter le gavage et pour stimuler vos neurones.
     
     
    Très amicalement.
     
    Bonne lecture.
     
     Martine
     
     
     
     
    February 03

    Rue des Trois marchands

     

    Mon premier marchand est un marchand de bien, de bien immobiliers, enfin de biens immobiles, ceux qui ne bougent pas quoi. Ceux qui sont destinés à rester en l’état, dans les mêmes mains, pour l’éternité. Ces biens-là, achetés une fois, vous ligotent en une direction, vous et votre famille qu’il va falloir éduquer à préserver ces biens.

    Mon deuxième marchand est un marchand de tapis. Il vend des tapis volants, ceux à trame solide qui vous emportent loin des réalités déplaisantes. Il vend des tapis aux clients des marchands de biens, clients qui rêvent d’échapper à la tyrannie de leur bien. Le marchand de tapis tient boutique à côté des débits de boissons, autour des fumeries d’opium, en face des maisons closes, juste à droite, après l’église, repaire d’illusion.

    Ce marchand de tapis volants vous embobine, vous baratine, vous turlupine avec sa mine pateline et vous y laissez tout votre argent.

    Mon troisième marchand est un marchand de sable. Il vous jette au visage du sable doré pour vous anesthésier. Ce spécialiste de la poudre aux yeux appelle, pour mieux vous endormir, l’enfant qui est en vous. Celui qui est resté confiant et qui part, sans effort vers les plages du rêve, le naïf qui, l’instant d’un jet de sable, manquera de vigilance à surveiller son bien.

     

    Ces trois marchands sont étroitement associés. Belle entreprise que la leur, vous y êtes vous fait prendre ?

     
    January 18

    Rue de folle

    Un texte de Louis dont la voix habite les rues qu'il imagine.
     
     
     
    Ce ne fut pas un matin rue de Folle, pas un petit soir des lucioles, juste un soir, de minuscules rigoles, après la pluie, quand les terres vagues gondolent, son jeu, à Borlo, jeune garçon d'humeur marine, aux rêves des lointains, des immensités sans fin, des mers sans rives chagrines, son jeu ne fut pas frivole, son jeu, rue de Folle.
    Joie de ces moments-là, quand les enfants jouent, après l'école.
    Comme elle va, comme elle va, minuscule barquerolle, son départ vers le grand large, au bord du trottoir, rue de Folle. Dans les marges des chemins tracés, des routes encombrées, va, va, barquerolle.  
    Fut levée, l'ancre jetée dans l'eau sombre, profonde, de son âme troublée. L'eau roulait dans les caniveaux, emportait la mince tillole. Borlo, l'esprit vif, la conçut, il construisit de ses mains le faible esquif.
    Majestueux bateau en bois de songes, sur l'eau, va, vogue, emporté par le courant, au souffle d'Eole, au mistral né du bout de ses lèvres, au souffle vital de sa vie en soif d'idéal.
    Comme elle va, minuscule barquerolle, va la vie, en cahots, soubresauts, rapides et lents voyages, vers le grand large, l'infini, vers les âges de la vie.
    La rue déployait une grande planisphère. Dessinait des lacs, des montagnes, des fleuves et des rivières.  Des vallées profondes, des pentes, des cascades, tout un monde, vers la mer, sans limites, à l'horizon de la rue mappemonde.
    Borlo, sur la coquille de noix, fragile, sa cargaison de rêves indociles, naviguait. Sur le grand fleuve du caniveau, il voguait. Il irait jusqu'à l'océan. Sûr, il irait, poussé par le vent. 
    Course rapide sur le fleuve impétueux. Lenteur sur un lac tranquille. Une grande lagune. Flaques rougies d'un firmament de sang. Ses eaux sûrement inondent le cratère d'un volcan très ancien. Il gronde encore, sûrement, sûrement.
    Sur les bords du lac où voguait la frêle barquerolle, martelaient le sol les hauts talons de Carole, la fille de joie aux lèvres purpurines. Un petit signe en passant, Carole aime les enfants. Elle aime les voyages et les ondes marines. Elle riait gaiement, à voir les rêves flottant sur les eaux noires, de passage au large des rives, de son trottoir gris, et sombre, et noir.
    Encore, va, elle va, la minuscule barquerolle. Elle frôlera les baleines aux yeux de grands univers, les narvals géants, les licornes de mer, elle accostera dans les îles sous les souffles alizéens, sera vaillante dans les tempêtes, évitera les icebergs marmoréens, passera tous les caps aux souffles des zéphyrs, poussée par la vie dans son profond soupir.
    Elle ira, et lui Borlo, à son bord, capitaine d'un vaisseau enchanté de mille bises colorées au bleu ultramarin, capitaine des oiseaux grand marins.
    Elle ira, et lui Borlo, à son bord, où baillent les ondines.  
    Accroupi près du lac, il donnait l'impulsion d'un nouvel élan, de ses doigts agiles, de ses doigts de vent. Au plus vite, lutiner les iguanes chanteurs, les caméléons farceurs, les cormorans plongeurs.
    Trouver les sages lueurs qui savent répondre aux questions muettes.
    Va, caracole, minuscule barquerolle, le long des trottoirs gris et noirs, dans le fleuve impétueux du soir.
    Tournoie, spiralant, parfois s'égare, s'affole, puis repart, vers son destin d'océan.
    Lente, rapide, épouse la pente, descend vers le bas du monde, au niveau des mers.
    Les draps suspendus, aux fenêtres, aux balcons, des étages, des monts, donnent au vaisseau ses blanches voiles. Voilier vogue sous les étoiles, route nacelle tangue sous le ciel.
    "Petit bateau" : chante Adèle au bord de l'eau. "Petit navire qui n'avait jamais navigué".
    Borlo avait des jambes, il courut au bord de l'eau. Ohé, ohé, au loin, la bouche dégoût, gueule de mort, boit l'eau du fleuve, dévore le rêve de ses crocs d'acier, tombe du jour, où tombe la vie, tombe épave, chute dans l'absolue ténèbre obscure.
    Il courut ce soir, rue de Folle. Barquerolle caracole au risque de la nuit. S'approche, vive allure, de l'embouchure du néant gris.Diaphragme du rêve en respiration de nuit. Barquerolle fragile sur le flot du désir, des songes d'infini. Proie vivante du néant, glisse sur la pente de l'épouvante, 
    Frêle coquille allait-elle disparaître, engloutie ?
    Borlo gagna le temps. Il mit sa main sur la nuit, il bâillonna la bouche noire.
    Fit de sa poche, un port d'attache. Demain, elle repartira, sûr, elle reprendra son chemin. Juste une escale dans le mouvement vers l'illimité du grand large.
     Borlo soulagé. A son bord, le navire. Dans la nuit, sous les étoiles, sous la grand voile lactée, Borlo tanguait.
     
    Louis dans mes rues.
    December 28

    Changement d'adresse

     
     
     
    Considerez le changement d'adresse de notre site.
     
    Toujours référencé à gauche.
     
    Nous tâtonnons quand à l'hebergement. Merci de vos visites.
     
    Prune des rues, des chemins.
     
     
     
    December 26

    Naissance d'un site.

     
     
     
     
    En cette période festive, je vous fais part de la naissance d'un site qui allie, qui relie poésie et photo comme bons compères en joyeuse bordée.
     
    Ce site est le sien, ce site est le mien, c'est un site d'images et aussi un lien entre image et prose.
     
    Il est référencé à gauche, dans la rubrique " sites à partager ", c'est " Plumes et photos ".
     
    En voici l'adresse:   http://prundan23.ifrance.com/
     
     
    December 20

    Le petit écolier de Gentioux

     
     
     
     
     
     
     
     

    Voici Gentioux qui apparaît enfin. Je marche depuis trois heures, les sangles de mon sac à dos scient mes épaules, j’ai mal aux pieds. L’espoir d’une bière fraîche à l’ombre d’un tilleul allège ma charge. Avant de m’installer, je vais saluer le petit écolier . Il est au milieu de la place. Son sarrau de bronze flotte lourdement autour de ses mollets enfantins. Ses galoches sont à la mode de 1918. Il tend un poing rageur vers cette profession de foi, inscrite sur une plaque : « Maudite soit la guerre ». Suivent les noms de tous ceux qui ont donné leur vie à la France durant les deux dernières guerres mondiales.

    Mon petit écolier est un personnage du monument aux morts de Gentioux, en Creuse. Boris Vian chantant son déserteur n’aurait pas renié cet édifice, c’est l’un des seuls, le seul ? en France qui ne fut pas homologué puisque l’épitaphe fut jugée incitatrice à la désertion et dépourvue de sens civique.

    J’ai une tendresse particulière pour cet enfant rebelle. Aujourd’hui, après cette marche en pays limousin je m’approche de lui et je pose ma main sur le bronze lisse de sa joue. Maintenant, tout près de lui, il me semble que les oiseaux gazouillent plus fort, il me semble que j’entends chanter, il me semble que j’entends parler : 

     - « Tombe, tombe la neige, la cour en sera pleine. Tombe, tombe la neige, maman n’y pourra rien, papa, si fort devra l’enlever. Tombe, tombe la neige pour que papa revienne. »

    Effrayée, je recule, les bruits s’estompent, mon cœur se calme. Si je rapproche ma paume la joue de l’enfant devient coquillage où l’on entend la mer. Une mélodie m’envahit :

     - « Poussent, poussent les haies du printemps. Poussent, poussent les haies, maman n’y pourra rien, papa, si fort devra les couper. Poussent, poussent les haies pour que papa revienne. »

    Il me faut bien écouter cet enfant qui parle. Son cœur n’est pas figé, sa chanson l’anime.

     - « Blondissez, les blés de l’été. Blondissez, maman n’y pourra rien, papa si fort devra les mettre en gerbe. Blondissez les blés de l’été, blondissez pour que papa revienne. »

    Voilà que le vent se lève et distrait mon émoi. Les feuilles du tilleul tourbillonnent dans la poussière de l’arrière saison. Je lève les yeux sur de gros nuages. Ils se sont formés pendant que je rêvais. Je ne les ai pas vu arriver, je vais devoir me réfugier au café et laisser mon écolier bavard. Une dernière fois cependant je pose ma main sur sa joue rebondie.

     - « Ne reviens plus , facteur, ne reviens plus chez moi. Depuis mardi maman pleure et ne dit pas pourquoi. Ne reviens plus facteur, ne reviens plus chez moi. Garde tes lettres de douleur, moi j’attends mon papa »

     
    Martine Prunier
    December 08

    Haïku

    Photo Daniel Prunier.
     
     
    Sur mon billet du 19 septembre 2005, Nasse de rosée, voyez le très bel haïku de Francis, randonneur sur mes chemins.
     
     
     

    L'araignée en dentelles
    Se tisse un lit
    Coquetterie sublime.

     

    Toile tissée d'écume
    Vapeur de rosée
    Une journée commence.

     

    Badadou, toujours sur mes chemins.

     

     

     

     

     

    November 21

    Merci à vous qui êtes passés par la rue des Tyrans

    M comme mégalomanie, malfaisant, matraque, morbide...

     

    Emma dans ma rue des Tyrans.

     

    L serait pour Larmes et le M pour Mensonges, les seconds entraînant souvent les premières pour celui dont l'âme candide ne voit pas le mal...

     

    Mourka dans ma rue des Tyrans.

     

     

    L comme Liberté
    Loyauté
    Labeur
    Larme
    Lutin
    M comme Mythique
    M'as tu vu!
    Maternelle
    Monde


    Marlène dans ma rue des Tyrans.

     

    L, la lassitude.
    M, la Maladie..

     

    Badadou dans ma rue des Tyrans

     


    M... comme Magie... magie des mots...

     

    Pascale dans ma rue des Tyrans.

     

    L comme langue ...

    Celle qui nous permet de nous exprimer mais qui siffle parfois ...

    Qui met une barrière quand on n'est pas de la même région.

    Celle qu'on tire à défaut de savoir
    la tenir.

    Langue pendue ou mordue,

    Qui vit mais qui parfois, sait faire tomber le couperet final ...

    Elle peut être si tranchante !

     

    Publié par et hop ! dans la poche qui passait dans ma rue des Tyrans.