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January 10
Lignes de la main pour un chemin de vie.
Lignes de la main pour ce que fut la vie,
Ce qu’elle est aujourd’hui, ce qu’elle sera demain.
Mais quant à l’au-delà ?
Prune sur ses chemins.
Il va de l'avant
Parle haut et fort
Et donne à sa pensée
Une ponctuation marquée
Che(main) faisant...
Christiane sur tes chemins January 08
Chemin de table tout net, d’avant les agapes, d’avant la bonne chère.
Rien ne dérange son ordonnance, sa cohérence. Les verres, posés en bonne place, brillent, exempts d’empreintes digitales. Les serviettes illustrées préservent les assiettes dorées. Aucune miette, aucune tache, sur la nappe pour déranger l’agencement de la tablée.
Chemin de table vert et rouge aux couleurs de fête. Une fleur en son milieu se montre fière et chatoyante. Témoin d’un instant d’exception, elle étale sa verdeur et dresse le jaune de ses pétales. Majordome pointilleux, une bougie veille à ses côtés.
Chemin de table impeccable, voici qu’elle est ta destinée. D’une harmonie parfaite et agréable, tu vas cheminer vers un désordre maculé et désinvolte. December 27
L’hiver est en chemin et laisse son empreinte sur les arbres. Il est passé par là ce matin, il a grisé ramures et branchages.
L’hiver est en chemin, il voile le ciel de cendres. Le givre réfléchit le soleil, auréole de nacre dans les brumes.
L’hiver est en chemin, il pose sur les fossés frimas et poudre de glace. L’horizon bleu acier s’étale comme aquarelle sur vélin. Nulle volute ne le souligne, mais un clair de gris l’illumine.
L’hiver s’est installé là, au creux des chemins, au cours des ruisseaux, au cœur des bosquets.
L’hiver s’est installé là et fige toute silhouette, toute structure, toute écriture des saisons en une perspective magnifique et funeste.
Prune sur ses chemins.
Haïkus de Francis sur mes chemins. Ils sont une porte d'entrée à la beauté.
Frimas sur le lac.
Du cygne fondu dans la brume
l'ultime sillage.
Entre les rochers
les volutes figées de la chute.
Ploc... une goutte.
Francis Tugayé.
December 13
Longue marche à pied
café au lait bien sucré
Bonheur assuré.
| Photo: Daniel Prunier.December 09

Voilà, le lit est prêt, presque prêt.
Les galets sont au fond, les galets sont au sec. Rangés en ordre décroissant, les plus petits au milieu, les plus gros placés en bordure. Cela doit être ainsi quand on fait le lit d’une rivière. Leur agencement va permettre à l’onde de chanter au rythme du courant, l’air de l’eau qui passera là.
Voilà, le lit est prêt, presque prêt.
Les rives sont dessinées, vertes, enracinées sur le blanc des pierres. Elles bordent le lit. Douillettement entouré, le fleuve pourra aller devant lui, droit devant lui, sans crainte de déborder.
Voilà, le lit est prêt, presque prêt.
Les arbres sont là, érigés sur les berges. Ils fournissent ombres et lumières, fraîcheur et douceur pour illuminer d’opalescence, l’eau qui dansera là.
Voilà, le lit est prêt, presque prêt.
Les falaises veillent sur l’axe du flot, pour éviter qu’il se disperse, pour éviter qu’il s’éparpille.
Voilà, le lit est prêt, fin prêt.
L’eau est espérée, tout est prêt pour sa venue, le silence n’attend qu’elle. Tout est si sec, elle sera la bienvenue dans ce lit que la nature a pour elle prévu.
Elle ne vient pas, elle ne viendra plus. Les pierres l’auront bu, elles ne la restitueront plus.
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December 07
Le soulier marque de son empreinte, la neige.
La plume laisse sur la blancheur de la page, sa trace.
Les pas, sans cesse répétés, dessinent un chemin vers où aller.
La plume, lettre après lettre, précise une ligne de pensée.
La foulée amène à destination, elle permet le voyage.
La plume imprime des rêves et invite à la balade.
Le soulier serré, le soulier lacé affermit l’allure,
La plume bien trempée confirme l'identité.
Plume et soulier
Ensemble sur un même chemin de lucidité,
Pour se tenir en verticalité. December 03

Sais-tu que nous t’attendons ?
Notre toit du monde est observatoire à pélerins des sommets et nous te guettons depuis l’aube où tu as entrepris d’escalader notre mont.
Nous avons compris ton enthousiasme matinal à entamer cette ascension. Nulle fatigue ne vient altérer ton élan, nulle courbature pour freiner l’ardeur de ton pas. Mais une joie neuve comme le matin qui entraîne, emporte, enlève ta foulée.
L’odeur des herbages est verte à vivifier ton allure, la brume se lève et le pays accueille ta ferveur de marcheur, l’oiseau stridule et stimule ton entrain.
Sais-tu que nous t’attendons ?
Longtemps tu laisses porter au rythme de ta joie. Joie de découvrir, à chaque tournant du chemin, un pan de cette montagne qui te mène vers nous.
Puis, vers midi, tu te restaures. Nourriture essentielle à ton estomac et qui devient festin d’être servie au milieu des pins, sur lit de mousse.
Sais-tu que nous t’attendons ?
Tu repars, tu reprends ton ascension. Le soleil sature l’air de sa chaleur, la pente s’accentue et les cailloux durcissent le chemin. Nous te guettons et nous considérons tes arrêts, étapes répétées pour assurer ton arrivée.
Souvent, ton regard circulaire envisage ce qu’il te reste à surmonter.
Nous autres, avons envie de te dire : « Ne t’inquiète pas, nous t’attendons »
Maintenant, ton pas se fait plus lourd, ton souffle se précipite. L’air te brûle à l’intérieur, tes muscles se nouent.
La joie du matin se mouchette de fatigue, de douleur. Et pourtant, il te faut aller au bout de ce chemin où nous t’attendons.
Puis le terrain s’aplanit.
Alors tu comprends que c’est fini, ta marche retrouve sa fluidité,ton avancée devient victoire, vers nous, qui t’attendons.
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November 28
Haïku des villes pour une poésie en chemin.
Chemin de ville
Pavés lissés sous les pas
La petite rue.
Prune sur ses chemins
Chemin suspendu Le temps s'est arrêté là Comme une araignée.
Chemin des grands champs A la lisière des forêts Où les blés dansent.
Baladou, sur mes chemins fut inspirée.
Lignesargentées
Et sa verticalité
Ouvre un horizon
Pas à pas je vais
Frappant chacun des pavés
Belle rue des secrets
Christiane dans mes chemins de rue. |
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| November 26

Dans les temps anciens, ce paysage était tout autre. Imaginez les sommets tapissés de vertes forêts comme velours pour écrin d’émeraude. Considérez le chemin frémissant de fougères odorantes au lieu de tristes cailloux. Entendez les refrains des ruisseaux qui aujourd’hui se sont tus.
Alors, qu’il était aisé de marcher sur ces sentiers ! Aucune pierre ne faisait trébucher le pèlerin. L’air était si frais et odorant qu’il soutenait l’effort. Pour la foulée, en ce lieu, le temps se trouvait toujours clément.
A l’orée de cette sente, se tenait comme porte, un miroir dont le tain atteignait la perfection du cristal.
Lac que nul zéphyr ne ridait, il renvoyait, dans l’infini du ciel, la perfection du paysage. En lui se reflétaient le bleu et l’or de l’été ponctué de la joie des fleurs en cette saison. L’automne peignait, à sa surface, ses rouges exagérés et ses rouilles multiples. L’hiver y figeait ses blancs parfaits alors que le printemps y mesurait ses émois en vertes nuances
Or, à recevoir tant de beauté, le miroir conçu l’immense vanité de se figurer qu’il était à l’origine de la gloire des saisons. Il s’imagina qu’il inventait toutes ces merveilles à l’intérieur de son âme et qu’il les envoyait sur le paysage comme autant de courtepointes admirables par lui-même tissées.
Dans le grand règne du cosmos, il disputa la place d’honneur au soleil instigateur de chaleur, révélateur de couleur, initiateur d’éclosion, créateur de floraison.
Phébus mécontent invita le miroir à plus d’humilité. Il ne voulu rien savoir et insista, Narcisse présomptueux, à briguer l’honneur de la genèse universelle.
Alors, il arriva que la colère de l’astre suprême détruise par incendie sa face lisse. Un rayon dardé en sa direction le condamna à l’opacité et lui conféra cet aspect ridé, parcheminé.
Mais le paysage alentours se dessécha tout aussi brusquement. Il ne resta rien de la luxuriance du chemin. Que croire en ce cas ?
La beauté qui nous entoure n’est elle qu’illusion renvoyée par l’âme d’un miroir posé au bon endroit ? Ou le ciel est il pour quelque chose dans la splendeur du monde? |  |
November 24
Marcher allonge le temps à regarder devant soi le chemin blanc qui envahit une longue journée d’été.
Marcher accroît les distances entre le clair matin et le crépuscule où naviguent les nuées mauves.
Marcher rend tellement vertical. À mettre indéfiniment un pied devant l’autre, se maîtrisent les sommets.
Marcher abolit le passé, marcher estompe l’avenir. C’est aujourd’hui qui est à vivre.
Marcher assure à celui qui avance une existence choisie. November 21
Chemin de marches pour attraper le sommet.
Il est dans les nuages, à croire qu’il est distrait.
Chemin de marches bordés de douces capillaires,
Fougères sensibles et délicates qui frissonnent au moindre zéphyr.
Chemin de marches pour éviter les racines
Ici, elles sortent de terre, reptiles solides, parfois traîtres.
Chemin des marches pour faciliter la montée
C’est impossible, l’air est si épais.
Chemin de marches qui évite de glisser.
La pluie est là, toujours vous méfier.
Chemin de marches aux Caraïbes
Pour que vous rêviez dans la forêt
Qui enserre, qui emmêle, qui enchevêtre ses arbres lianes,
Qui étouffe ses fûts d’orchidées parasites et de philodendrons tyranniques.
October 30
Sentier bien étroit,
Trous, embuches et pierres.
Chemin pour ta croix.
October 29
En cette partie du monde, rugissait la mer.
Elle feulait, soufflait, mugissait car toujours en colère.
Le vent, son éternel complice,
Ne calmait en rien ses excès de folie.
Bien au contraire, il stimulait sa fureur,
Accompagnait sa rage, rythmait son courroux.
C’est pourquoi, en ce lieu agité d’émotions violentes,
Personne ne risquait quelques pas sur le sable.
La plage, toujours déserte, se plaignit en haut lieu.
C’est ainsi qu’un magicien quelque peu musicien
Considéra qu’un vibratone géant, en direction des flots,
Serait un chemin idéal pour que se domptent les notes féroces
Projetées violemment par le vent sur les vagues rebelles.
De son imagination folle sortit un instrument en pin,
Contre toute orthodoxie, mais pour la rondeur du son,
Contre toute harmonique métallique, mais pour la douceur des flots,
S'élança, vers la mer, un immense xylophone en bois.
October 24
Pauvre Jean voyait ses champs dépérir de sécheresse.
Les prés qu’il avait cultivés, terres arides sous le soleil,
Se desséchaient, mouraient, fanaient et Jean pleurait.
Ses larmes, en roulant de ses joues jusqu’au sol,
Tirèrent du sommeil une source profondément endormie.
Elle invectiva l’homme car dérangée dans son somme.
Celui-ci s’excusa et donna la raison de tant de chagrin.
La source avait moyen de résoudre cette affaire
Mais elle fit sa belle car elle aimait se faire prier.
Jean lui promit un escalier pour sa chute vers les prés.
Jean choisit les plus belles pierres de la carrière, pour lui plaire.
Jean travailla jour et nuit et tailla des degrés pour l’onde claire.
Ainsi la source sortie de terre put abreuver, même le désert.
October 22
Chemin à la mer,
Vol de « V » vers les vagues.
A l’instar des grues ? October 19
Mille mains sont enfouies dans le sable.
Mains qui se tendent vers les nuages
Pour montrer du doigt, la honte des paquebots.
Mille mains, enfouies dans le sable
Dénoncent les marées, souillures des plages,
Meurtrières d’oiseaux, saccage des vagues,
Écumes impures qui maculent les rivages.
Mille mains enfouies dans le sable
Émergent des lointains abysses.
Index tendu, elles désignent le coupable
Mais on vient de leur trancher les doigts.
Mille mains, enfouies dans le sable,
Sont, alors, devenues rondins. October 15
Les failles parcourent la pierre. Quel chemin veulent elles tracer ? Quelle voie veulent elles forcer ? Pourquoi tournent-elles en rond à dessiner des boucles, à ébaucher des sentes sur le calcaire? Est ce pour conduire les gouttes de pluie jusqu’à la mer ou pour que l’eau se perde au tréfonds de la terre ?
Et si ces entailles étaient les rides de la pierre ? Chemin vers les âges, chemin vers l’archaïsme du monde.
Il nous faudrait reconsidérer la vocation de ces entamures, il nous faudrait imaginer que ces fissures sont déchirures, brèches, fêlures qui tisseront notre destin, qui étoileront notre fin.
October 11
Voici un chemin de dentelle, il est là pour des mains en chemin de dentelle.
Il espère, pour son émergence, des doigts habiles, des doigts dont l’aisance
Composent, au rythme des secondes du temps, des ponts d’élégance.
Ces ponts d’élégance cousus de fils blanc deviennent liens essentiels.
Liens essentiels, afin que naisse l’idée de la dentelle au bout des doigts.
A moins que cette pensée là, de chemin de dentelle, soit déjà sur la fusette,
Canette de bois, garrottée de fils de coton, fils de lin ou bien fils de soie,
Et que pour sa naissance, soit utilisée l’agilité des mains de la cousette.
October 08
Sur le métal de la pierre,
Se déploie le lierre.
Pugnace et batailleur
Il devient sculpteur.
Il précise l’ardoise, la souligne,
S’improvise tire-ligne.
Il marque son relief, éveille ses contours
Et l’habille de vert, après quelques détours.
Jusqu’où ira ce lierre
Amant des ardoisières ?
Va-t-il rejoindre le ciel
Dans un élan ascensionnel? October 05
Le roc de ce chemin a rougi. Il a rougi en une seule nuit, d’après ce qu’on m’a dit.
Pourquoi tant d’émotion, pourquoi tant de confusion ?
Les arbres en murmurent la raison, les arbres susurrent la passion du rocher rouge d’amour pour la lune rousse.
Ce mur de pierre, fut, autrefois, blanc et terne. Il se contentait de soutenir le lierre et d’accueillir l’oiseau en ses excavations. Il n’avait point d’autres ambitions que d’être là, posé, parce que, lourd comme tombe, il se sentait immuable et éternel.
Mais un soir, alors que le hibou lançait son cri dans la sphère nocturne, son attention fut attirée par la lune. La lune à l’apogée de sa coquetterie, s’était fardée de roux. Elle avait trouvé, dans l’ocre du chemin, de quoi poudrer sa face ronde. La lune avait exagéré son maquillage et stupéfia, par son fard appliqué, le roc peu futé
Ce dernier s’emballa, ce dernier s’exalta, ce dernier s’enflamma pour l’astre roussi. Il fit tant et tant que notre lune, bonne fille, lui donna un baiser, appuyé...
Depuis ce temps, les pans de ce mur qui borde le chemin où murmurent les arbres, sont rougis, pour la vie.
C’est un ami qui me l’a dit.
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