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    June 28

    Vacances,flemme etc

    Devoirs de vacance

    A la veille de mes vacances, un petit mot pour saluer tous les amis qui ont laissé leurs traces dans mes rues desertées par mes soins.
    Y compris ceux qui se sont vexés de mes absences sur leur espace. J'ai reçu, en ce sens, quelques vertes remarques méritées peut-être...
    Ceci pour vous dire que, à l'heure où je vous écris, je ne sais pas si je vais continuer à arpenter mes rues. Plus d'inspiration... Besoin de se renouveller qui ne se manifeste pas et que je sens emprisonné par l'obligation que je me fais moi-même d'illustrer mes plaques de rues.
    Je vais mettre à profit mon dépaysement pour réfléchir au devenir de mon écriture.
    Sincèrement merci à tous mes fidèles et bon chemin à vous tous.

    Prune des Rues
    June 08

    Place des Brins d'Amour.

     Une histoire simple

    Place des Brins d’Amour, un oiseau se mit en quête de brins d’amour pour construire son nid.

    Il vola à quelques amoureux qui s’embrassaient sous un porche, un baiser passionné.  «  Voilà de quoi mettre du sentiment en ma demeure » se dit-il.

    Puis, il glana dans le cabas d’une ménagère, un peu d’osier.

    « Solidité et belle charpente, pour mon nid sont assurées par cette matière noble », pensa-t-il.

    La vitrine d’une pâtisserie lui fournit des œufs de Pâque. « Il me fallait quelques friandises pour mes futurs oisillons, les voici »

    Un enfant lui offrit spontanément un des ses cheveux blonds. Cela contribua au confort de la nichée à venir. De plus, les œufs couvés en présence de cheveux d’enfant sont protégés du mauvais sort.

    Content de la récolte de tous ces brins d’amour, l’oiseau quitta la place et s’installa non loin de là.

    Depuis Il revient tous les ans, chercher de bons matériaux adaptés à ses désirs d’amour.

     

     

    May 28

    Rue du Chat Fou

    Plaque offerte par Monique et dédiée à Daniel qui tomba amoureux d'une jeunesse.


    Rue Du Chat Fou, Un Chat fou d’amour pour une belle automobile y séjourna quelques temps.

    Ce matou pouvait en remontrer à plus d’un en matière de racisme puisque l’objet de ses amours était japonais d’origine.

    De ligne pure, racée et nerveuse, le joli petit lot prenait place, tous les soirs, devant une porte cochère et semblait attendre le client. Le greffier désespéré la prit pour une fille de mauvaise vie, une chambre mobile qui abriterait les amours vénales de garçons et de femmes à payer. Sa passion pour ses jantes élégantes, et sa carrosserie profilée ne se démentit pas pour autant et il s’évertua à vouloir se faire aimer par sa belle métallisée.

    Ce chat n’était pas comme chien à pisser sur les pare-chocs pour marquer son territoire, sa petite taille le desservait et la folie d’amour qui le gagnait l’incitait à ne plus être discret. En effet, il est connu et reconnu que les chats, au mois d’août miaulent comme fous.

    Notre moustachu avait donc peu de moyens pour séduire la belle à la fière mécanique.

    Un jour de fin d’été, alors que, désespéré, il appelait sa belle de tous ses vœux, elle répondit enfin à ses cris et lui ouvrit sa portière. Le chat ne se fit pas prier et sauta sur le siège du chauffeur. Assise à sa droite, une créature de rêve lui plaqua un baiser entre les oreilles.

    Instantanément, son chef se couvrit d’une casquette, ses membres postérieurs s’allongèrent jusqu’aux pédales et ses antérieurs atteignirent le volant.

    C’est ainsi que le chat fou d’amour de la rue du Chat Fou devint chauffeur de la belle japonaise. A l’heure qu’il est, il en est le maître et la conduit de par le vaste monde.

    Je ne sais pas ce qu’il advint de la belle passagère. Peut-être est-elle toujours à ses côtés.

    May 27

    Chemin de la clé des Champs

    Chemin de la clé des Champs, se mettre en chemin pour trouver la clé des champs. Observer l’air ambiant, chercher, l’air de rien, où se cachent les clés à ouvrir l’aire des champs qui s’offre à l’investigation des esprits agraires ou grégaires.

    Chemin de la clé des champs, la clé du champ des morts bien en main, parcourir les allées à la découverte de celui qui aurait trépassé au champ d’honneur. Entonner, sur sa tombe, une triste mélopée car, sur les champs de batailles, les chants désespérés sont les chants les plus beaux, dit un poète.

    Chemin de la Clé des champs, soulever les pierres à la recherche de la clé du champ de tir. Nanti de cet outil, se mettre en quête des balles perdues, balles de tennis, balle de match et autres accessoires utiles à certains jeux de mains et de raquettes. Les balles susdites sont là, disséminées à tout bout de champ.

    Chemin de la clé des champs, considérer en chemin, le lapin et son cabas. Il va au champ de courses pour y quérir des navets frais, des carottes rousses et de la salade. Pour lui, rien ne vaut un marché bio où les courses se font sur place, en quantité respectable et gratuite.

    Laisser le champ libre à cet animal, il lui faut, maintenant, s’occuper du repas de sa nichée.

    Enfin, se rendre sur le champ au champ de foire, si on n'a pas laissé la clé de ce champ entre les oreilles du lapin. En faire le tour et prendre un peu de champ pour l’emporter dans ses rêves.

    May 15

    Place Chicane

    Place chicane il y a bien matière à chicane :

    Une mouche taquine un âne.

    Un dindon poursuit une cane.

    Un chat monté sur une bécane

    Va à la rencontre d’un platane,

    Car le matou est cocaïnomane.

    Place Chicane, tu chicanes pour

    Une catalane très opiomane

    Qui s’abreuve d’une tisane

    A la gentiane et à la valériane.

    Suivie d’un cigare de la Havane.

    Chicane, chicane, place Chicane

    Car elle danse la belle gitane

    Courtisane en mal de banane

    Prête à construire des cabanes

    Pour cacher qu’elle est héroïnomane.

    Puis, comme tigre en savane

    Voici que s‘avance la caravane

    De mille kleptomanes

    Des billets ils ont imité le filigrane.

    Chicane, tu chicanes, Place Chicane

    Tu chicanes car ces vers lancés à la sarbacane

    Ne sont pas au goût des mélomanes.

    Malgré leur rime en « ane »

    Ils ne feront vibrer aucune sensible membrane.

    May 07

    Rue du Chapeau Rouge

    Autrefois, bien avant votre naissance à tous, cette rue s’appelait plus simplement : "Rue du Chapeau".

    En cette rue, un homme portait un chapeau rouge. On ne savait pas qui il était réellement et il est à parier que lui même n’était pas au courant de sa propre identité. En arborant un tel accessoire (le Chapeau rouge.) Il s’assurait d’être au moins nommé. Il fut, tout naturellement baptisé, vous l’avez deviné : « l’homme au chapeau rouge. »

    L’individu sus-désigné s’inventa une filiation. Une grand-mère au temps de sa jeunesse, affublée d’un petit pot de beurre et portant chaperon écarlate, ou le contraire, se serait perdue dans les bois, alors qu’elle allait nourrir son aïeule  Dans la couche de sa Mère-Grand, au lieu de la vieille attendue, elle y trouva le Loup ! L’homme au chapeau rouge fut assez pervers pour laisser entendre que tout ce passa au mieux entre son aïeule chapeautée et la bête sylvestre.

    Il avança que de leurs amours interdits par la nature naquirent ses ascendants les plus proches.

    Les gens de la rue du Chapeau s’ennuyaient ferme. Aussi furent-ils reconnaissants, à ce conteur de fables, de les amuser de la sorte.

    Pour garder le souvenir de son passage, ils baptisèrent la rue où ils vivaient : «  La rue du Chapeau Rouge ».

    May 03

    Rue de l'Oiseau

    Rue de l’oiseau, un oiseau fit son nid. Sa couvaison terminée, il se trouva si bien en ces lieux qu’il y demeura pour le restant de sa vie.

    Le problème auquel il se trouva confronté fut le manque d’information dû à sa sédentarité nouvelle. En effet, l’oiseau, quand il voyageait de par le monde, glanait ici et là, des enseignements encourageants ou décourageants selon les modes et les politiques exercées. Or, à rester le derrière collé aux brindilles de son abri, il devint ignorant et quelque peu abruti.

    Bien sûr, lorsque ses congénères arrivaient, à la belle saison, ils racontaient à l’ermite ailé tout ce qu’ils avaient appris d’intéressant en matière d’innovation. Mais l’oiseau qui avait choisi l’immobilité ne comprenait plus rien aux nouvelles technicités. Aussi, pour cacher le handicap qui le gagnait de plus en plus, fit-il semblant de bouder. Il détourna, ainsi de lui, l’obligeance de ses compagnons lassés par ses humeurs.

    L’oiseau devint muet et se dessécha de l’intérieur. Il se momifia ainsi et il était mort depuis bien longtemps quand une hirondelle sur le retour s’aperçut de son décès.

    Son corps sec et rétréci, accroché au nid fut gardé comme effigie. Il symbolisa, pour les jeunes, l’inertie et la défaite de celui qui veut rester au nid.

    April 26

    Ruelle du Perthuis au loup

    La Ruelle du Pertuis du Loup aime les loups. Elle prend le parti des loups contre les hommes et leur imbécillité.

    Car les hommes sont des imbéciles, évidemment, d’avoir chassé les loups de leur conscience.

    D’ailleurs ils le regrettent sans le reconnaître vraiment mais, La Ruelle du Pertuis du loup sait discerner cette nostalgie.

    La nostalgie de l’homme pour le loup est partout.

    Elle est dans ses envies de parcourir les champs à la recherche d’une odeur ou d’un souvenir d’herbe verte.

    Elle se niche dans l’avidité qu’il met à observer la lune sans autre raison que de suivre la course d’un nuage qui voile l’astre un instant.

    Elle se réfugie dans la couleur de l’aube sauvage et douce à la fois. Couleur énigmatique qui laisse présager des mystères derrière le rideau du temps.

    La nostalgie de l’homme pour le loup est partout, mais il ne veut pas l’admettre, il ne peut pas l’admettre. Il lui faudrait renoncer à tant de choses qui masquent sa faiblesse, sa poltronnerie.

    Pour se protéger d’avoir des décisions à prendre qui changeraient le cours de sa vie, l’homme préfère haïr le loup, le rejeter, le maltraiter, le dire pestiféré et lui interdire la porte de son âme.

    Pour se protéger de sa nostalgie du Loup, l’homme préfère le nier.

    C’est pourquoi la Ruelle du Pertuis du Loup offre au Loup, un espace, pour qu’il vive dans nos mémoires, pour qu’il revienne en nous, au moment opportun, quand nous aurons besoin d’avoir un loup, avec nous.

     

    April 19

    Espaces non autorisés



    Bonjour à tous.

    Il m'arrive de vouloir rendre visite à certains d'entre vous qui ont déposé, sur mon espace un commentaire sympathique et qui m'invitent chez eux. C'est le cas de Seb le poète. Hors je "tombe" sur "espace sécurisé" il faut une autorisation pour entrer. Je laisse un message, un autre message s'affiche me disant que mon message est transmis et plus rien ne se passe, plus de nouvelles de l'affaire.
    Je me dis tout cela est-il réellement transmis à la personne propriétaire de l'espace sollicité? La personne ne veut-elle pas répondre?
    Je dois avouer que je trouve ça frustrant et que ça me gonfle, voui, ça me gonfle. Si les personnes veulent des visites, qu'elles assument et ne ferme pas leur porte, laissez une lumière que diable. Si cela vient d'un bug c'est autre chose et je suis gênée, vis à vis des gentillesses que l'on me fait auxquelles je ne peux pas répondre.

    J'ai décidé, quant à moi, de ne plus solliciter ces espaces.

    Prune des rues.

    NB: je ne parle pas des espaces auxquels ont ne peut acceder pour bug, comme ça se passe quelques fois.
    April 18

    Rue des Petites Maisons

     

    Rue des Petites Maisons, les maisons sont petites car ainsi sont les gens qui y logent. Rue des Petites maisons, habitent de petites gens.

    Petits pieds, petits pas, les habitants de cette rue vont à petits pas, petitement, sur un petit chemin de vie, car les petites gens vont d’un petit pied, alors, alors, avec leur petit pied, Rue des Petites Maisons, pas question de mener grand train, grand train de vie, mais petit train s’y conduit, bien au contraire, à la queue leu leu, sur un petit sentier bien écourté.

    Rue des Petites Maisons, les petites gens y ont des petits espoirs. Petits ils sont car ils faut les loger, entre petite télé et petite cheminée. S’ils ont l’ambition de grandir, ces espoirs-là, et bien, les petites gens de La Rue des petites Maisons, les lavent à l’eau corrosive de leur raison, et, tout naturellement, les espoirs qui ont des idées de grandeur rétrécissent à l’essorage.

    Rue des Petites Maisons, les petites gens y  cultivent de petites idées, toujours par commodité. Les Grandes idées deviennent vite des idéaux, et on ne s’en sort plus car il faut trouver de grands cerveaux pour les abriter, et Rue des Petites Maisons, point de génies mais de petites têtes, néanmoins bien faîtes.

    Rue des Petites Maisons, point de grandes ambitions  ne viennent inquiéter le cœur des Habitants. La encore il faudrait toute une infrastructure pour les accueillir, une infrastructure et aussi un livre d’histoire pour en conter les développements et un monument qui se souviendrait de ceux qui auraient donné leur vie afin de mener à bien ces ambitions-là.

    Et le pire de tout, il faudrait nommer la rue autrement afin  d'honorer celui qui serait à l’origine de cette aventure, et alors que deviendraient les habitants de la Rue des Petites Maisons, obligés qu’ils seraient à la déraison d'un désir de grandeur?

    April 13

    Place du Pilori

    Place du Pilori, traînent des âmes en berne.

    Mémoires d’autrefois, mémoires d’outre haine.

    Place du Pilori, écoutez les morts dire leur géhenne

    Leur chant lugubre monte au ciel tant ils se souviennent

    De l’heure maudite, où Place du Pilori eut lieu leur peine.

     

    Par une claire matinée

    Sur charrette amassés ou en corde traînés

    Les suppliciés sont arrivés, pieds et poings liés.

    Au moment final, ils ont tant crié

    Que sur les murs leurs mots se sont plaqués.

     

    Vous qui passez de nuit

    Place du Pilori

    Écoutez bien les bruits

    Et vous reconnaîtrez les cris

    Des anciens suppliciés, Place du Pilori.

     

    April 03

    Rue Le Pied

    Rue le pied, quel nom incongru pour une rue. Comment est-ce possible de se nommer ainsi ? Pas la peine de perdre son temps à se poser de telles questions, cette voie s’appelle Rue Le Pied et vous fait un appel de cette extrémité.

    Maintenant, la balle est dans votre camp, la balle au pied, donc, ne faites pas le pied de grue, mais au contraire, réagissez et envoyez droit au but, des mots qui rebondissent dans les filets de la rue Le pied.

    Pied de nez, elle vous en fait un beau et vous voilà bouche bé devant une dénomination si cavalière.

    Mais vous voilà le pied à l’étrier, les rênes bien en main vous conduisez votre monture. Il lui est nécessaire d’avoir bon pied bon œil car les pavés de la rue sont traîtres à ceux qui en aurait un de trop dans le nez. Un de trop ? Je veux parler d’un verre bien sûr, d’un verre à pied, cela va sans dire.

    Enfin quels délires, quelles chimères, quels fantasmes induisent cette rue le Pied ! Quel est le but, la finalité de ces propos incohérents ?

    Oserais-je vous dire qu’il s’agit simplement... de prendre son pied, rue Le pied et rien de plus !

    March 18

    Rue des Marionnettes

    Rue des Marionnettes, le montreur de marionnettes est tout bête, il a perdu ses marionnettes.

    Un jour de printemps, où il voulut faire grand ménage, ménage de marionnettes et de théâtre de marionnettes, il s’aperçut qu’elles s’étaient échappées et qu’il ne restait plus rien des figurines ailées.

    Il chercha, bien sûr, où elles pouvaient être passées, ces mignonnes mignonnettes. Mais elles n’avaient laissé aucune traces ni indices qui auraient montré à leur maître où elles pouvaient bien être.

    Cependant il trouva sur le parquet de bois, les fils qui les reliaient à ses mains, les fils par lesquels il donnait, autrefois encore, vie et âme à ses petits pantins.

    Rue des Marionnettes, le marionnettiste perdit la tête d’avoir égaré ses marionnettes, aussi voulut-il écouter ce que ces fil ombilicaux avaient à dire sur la fuite des ses poupées animées.

    Il les tendit sur un violon. L’instrument mélancolique produisit des sons qui ressemblèrent à une chanson.

    C’est ainsi que le saltimbanque découvrit la vérité sur l‘évasion de ses marionnettes, rue des Marionnettes.

    Avides de liberté, elles n’avaient pas supporté d’être ainsi attachées et par les bras, et par la tête à un quelconque patron. Aussi, par un soir d’hiver, lassées d’être remisées dans un panier sans plus d’utilité, elles fomentèrent une révolte, coupèrent leurs fils et partirent par le monde.

    Certaines se noyèrent en mer, d’autres s’envolèrent trop haut et s’enivrèrent d’éther. Quelques unes réussirent leur nouvelle vie. Embauchées dans un cirque, elles exécutaient un numéro de trapèze sans fils, enfin, sans filets.

    Rue des Marionnettes, le montreur de marionnettes est triste et s’ennuie, sans ses marionnettes. Accompagné de son violon, il chante la complainte du montreur de marionnette qui, un jour, s’est aperçut qu’il n’avait plus de marionnettes.

    March 04

    Rue de la Fontaine du Chat

    Merci Daniel de stimuler mes délires.


    http://grandjacques.spaces.live.com/

    Rue de la Fontaine du Chat, un chat possède une fontaine. Écoutez-le vous raconter comment il se l’est procuré :

    -Un jour de Novembre, Je maraudais dans une rue sale et puante. La faim au ventre, je traînais entre les poubelles gorgées de détritus. Il fallait vraiment que le triste besoin de me nourrir me tenaille pour que j’accepte de fourrer mes pelotes délicates entre ces immondices.

    Trop aimé, puis moins aimé par une enfant capricieuse et vaine, je me suis enfui d’un chaud logis le jour où elle prit envie d’un caniche futile.

    J’ai préféré ne pas partager l’amitié frivole de cette gamine inconséquente.

    Habitué à ce que l’on me fournisse le boire et le mangé, le logis et le couché, j’étais en difficulté en ces lieux sordides.

    Mon nez souffrait de tant d’odeurs indélicates. Mes oreilles ne comprenaient pas les mots crus qui sortaient des fenêtres ouvertes, mes pattes soyeuses se blessaient aux cailloux de la chaussée.

    J’étais pourtant déterminé à ne pas rentrer au nid et à faire de mon existence une vie d’errance et d’aventures.

    Tout à coup, mes sens émoussés d’avoir été trop gâtés se mirent cependant en alerte. Un froissement de feuille, un bruissement d’air, la queue d’une souris traversa mon champ de vision. Pas trop engourdi encore par des ripailles plus qu’honnêtes, je m’élançais, bien décidé à lui faire son affaire.

    Je la poursuivis et je réussis à la coincer entre une brique salie par un congénère et une vieille caisse de fruits. Je m’apprêtais à lui assener ma botte secrète, mon coup de griffe létal quand elle me supplia de l’écouter. D’une traite et sans prendre haleine elle me débita le conte que voilà :

    - Au lieu de te remplir l’estomac de ma personne, ceci juste pour apaiser une heure ou deux une faim qui reviendra régulièrement, tu ferais mieux d’aller goûter l’eau d’une fontaine connue de moi seule. Cette eau à pouvoir de rassasier celui qui s’y abreuve, ainsi que de laver le poil et les oreilles sans les mouiller. En effet, elle sèche avant d’imbiber. De plus, si tu comptes les gouttes qu’elle projette sur le sol, tu auras une vue surprenante, une vision extraordinaire qui te fera considérer la vie sous un autre angle. Si tu m’épargnes, je te montrerai l’endroit où elle se trouve.

    - D’accord, lui dis-je, attiré par cette eau qui ne détrempait pas, mais ne t’avises pas de me tromper, sinon...

    La souris ne m’attira dans aucun piège et me fit connaître cette fontaine que je fréquente, désormais avec beaucoup de joie.

    Elle avait raison, aussi, quand elle me dit que je verrai la vie différemment, car elle devint ma femme et, à ce jour, elle l’est encore.

    March 01

    Allée Plume la Poule

     Allée Plume la Poule, il y a des poules qui plument.

    Juchées sur leurs talons hauts elles regardent le monde de haut, de très haut, du haut de leur cœur d’artichaut.

    Les poules qui plument, Allée plume la Poule, ne rendent jamais la monnaie, la monnaie qu’on leur donne à contre cœur, à contre sens, en sens inverse des plumes, des plumes des poules qui plument, Allée Plume la Poule.

    Les poules de l’allée que l’on sait, n’ont pas d’état d’âme ni de billet d’âme ni de billet doux mais de doux billets de plus de dix sous qu’elles lissent sous leurs plumes, dans l’Allée Plume la Poule.

     Allée Plumes la poule, il y a des poules que l’on plume.

    Mijotées à gros bouillons, elles serviront de pot au feu, de pot au feu pour un bon roi qui aimaient tant les poules.

    Les poules que l’on plume, Allée Plume la Poule, laissent leurs plumes aller au gré du vent. Ces plumes là écriront la ballade d’une poule plumée toute mouillée en cette aviaire allée.

    Allée Plume la Poule, il y a des poules qui plument.

    Allée Plume la Poule, il y a des poules que l’on plument.

    Cette histoire est folle qui distinguent ces gallinacés de tout poils, puisque, plumées ou plumant, ces poules vont toutes cul nu, ou, en tout cas, elles sont fort peu habillées.

    February 20

    Rue...

    J'ai bien conscience que cette plaque a quelques airs de prétention.

    Ma foi, avoir une rue à son nom n'est pas destiné à tout le monde.

    Mais ce me fut donné, à moi, par celui qui partage quotidiennement mes rues.

    Juste pour vous faire partager son humour, excusez du peu.

    Prune des rues.

    February 09

    Rue du Pêcher

    Rue du Pêcher, point de pêcher mais des péchés, des pêchés dépêchés par des pécheurs voleurs de pêches.

    Ces pécheurs-là sont dépourvus du fruit de leur péchés, puisque, je vous le dis, pas de pêcher, Rue du Pêcher.

    Pas de pêcher, mais des pécheurs qui se dépêchent, à l’aube rose, vers un ruisseau, pour une partie de pêche. Pêche à la truite, pêche à la crevette, pêche en rivière et non en mer.

    En mer d’autres pêcheurs pêchent au filet et viennent vendre, Rue du Pêcher le fruit de leur pêche.

    Rue du Pêcher, sont dépêchés quelques dépêches pour annoncer l’arrivée des pêches, en été, sur l’étal des marchands de pêches.

    Rue du Pêcher sont empêchées de commerce, les fleurs du mal qui prêchent le pêché aux hommes de bonne volonté.

    Rue du Pêcher, allez à la pêche aux idées pour empêcher le monde de se dépêcher.

    January 28

    Côte trompe Souris

    Merci Pierre Alain pour cette jolie plaque.

    Imaginez un bien gros chat, un fier matou aux fines moustaches, un chat dodu et gras, enfin, entrevoyez un des ces greffiers que la faim ne taraude pas.

    Le bougre est nanti de toute sa ruse, de tout son esprit de minet damné pour tromper la souris, trotte-menu, en cette côte de Trompe Souris.

    Le coquin a décidé, depuis ce matin, d’en savourer une, farcie au saumon. Eh oui, le chat, s’il est malin, n’a guère le palais fin. Disons plutôt qu’il n’a pas le nôtre, car après tout, avez-vous essayé de déguster une souris à la farce de poisson ?

    Mistigri a une truite fraîche, pêchée par son patron. Il la lui a volé et il se dit que comme salmonidé, elle vaudra bien son cousin le saumon, requis pour la recette initiale.

    Donc, Minet dépose, Côte de Trompe Souris, le poisson parfumé au camembert. Il le laisse négligemment traîner sur les pavés luisants pour appâter le mustélidé naïf et inconséquent.

    La souris voit cette denrée qui fleure bon une odeur fromagère à laquelle elle ne peut résister.

    Elle n’y résiste d’ailleurs pas et engloutit, sans respirer, le morceau, tant sa gourmandise est grande.

    De ce fait, elle hoquette, crie au secours, sans pouvoir se faire entendre car sa bouche est bouchée. Puis elle meurt sans faire plus de bruit.

    Le chat guettait cette fin et se délecte du festin. Il a eu, à bon compte et grâce à son adresse, une souris, toute farcie, comme il les apprécie.

    Il se dépêche car, délicat, il ne voudrait pas se provoquer une diarrhée ou autres incommodités en dégustant ce mets de roi, certes, mais vite avarié.

    Ne pleurez pas la souris, elle était bête. Faut-il l’être pour confondre ainsi, un camembert et un poisson !

    January 21

    Rue Isolée

    Cette rue est dite « isolé » car elle accueille ceux qui ont besoin de s’isoler un moment.

    Elle offre l’ombre de ses murs aux écorchés vifs par le couteau des mots malveillants.

    Elle propose ses porches gratuitement aux sans abris que la honte poursuit.

    La rue Isolée accorde retraite chaleureuse aux bannis, aux proscrits, aux boucs émissaires de la misère d’autrui.

    Elle donne asile à ceux qui espèrent une terre mère.

    Elle est le refuge de celui qu’on a meurtri, qu’on a déchiré.

    La rue isolée est un havre de paix pour qui est harcelé par l’existence et ses sujets.

    Rue Isolée, allez y, elle vous attend, ses pavés sont de velours, ses portes sont ouvertes sur la fraternité, ses fenêtres font des clins d’œil à la bienveillance, son ciel de rue est bleu espérance...

    Rue Isolée ? Mais ? Où l’ai-je rêvée ?

    January 17

    Allée du coq Hardi

    Allée du Coq Hardi grattait un coq justement. Était-il hardi ? Lui-même n’aurait su le dire car il n’en avait cure. Ce qui lui importait, à ce gallinacé qui jouait à l’important, c’était de trouver le vers de terre qui le rendrait intelligent.

    Notre bel emplumé avait entendu parler de ce fait étrange : Allée du Coq Hardi, vivait une communauté de lombrics, avait-il cru comprendre, dont l’ingestion et la digestion stimulait le cerveau de celui qui le mangeait.

    En mal de comprenette et pas trop équipé du cervelet, l’oiseau en souffrait, surtout devant les dames. Vous savez tous que les poules sont fines et rusées, malines et délurées. Promptes aux jeu de l’esprit, pas encombrées du tout par un cerveau d'insensé. Vous ne le saviez pas ? Et bien je vous le dit : c’est ainsi.

    Revenons, Allée du Coq Hardi, à notre coq en manque d’intelligence. Il cherchait, explorait, fouillait le moindre recoin de l’allée, ses touffes d’herbe, les interstices de ses pavés, les coins des caniveaux. Tout, sous ses ergots, se trouvait tourné, retourné, charrié, pour ne pas dire charivarier.

    Aucun lombric, devant tant de chahut ne sortit de trou et tous se lovèrent, bien au contraire, au tréfonds de la terre.

    Le pauvre coq jeûnait de puis longtemps et il se trouva qu’il mourut en plein tourment de famine.

    Peu de temps après, passa par l’Allée du Coq Hardi, une poulette jeunette. Elle considéra le cadavre et lui fit cette homélie : « Il était tellement bête qu’il creva la gueule ouverte. »